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Autant qu’un Rébuffat, il a marqué de son empreinte le massif du Mont-Blanc. Autant qu’un Messner, Walter Bonatti était un repère au delà de l’univers alpin. Une référence absolue par laquelle tous les alpinistes ont été inspirés. Tous ont rêvé de répéter ses voies au style épuré, ses solos magistraux, ses sommets hasardeux comme le Gasherbrum IV. Le plus grand alpiniste de son époque tira sa révérence après son dernier grand solo en face nord du Cervin, avant sa deuxième vie d’aventures dans les coins les plus sauvages de la planète. Une légende.

Son sourire illuminait l’estrade des Piolets d’Or, un jour de 2009, dans la magnifique salle de cinéma de Courmayeur. Ce n’était pas le sourire d’un homme politique ni celui d’un édile satisfait de son oeuvre, fut-elle salutaire. Non, c’était le sourire d’un homme comblé. Un homme qui a rempli à ras bord son dédir immense d’aventures et de liberté. 

« Affronter seul la nature dans ce qu’elle a de plus rude m’a habitué avant tout à prendre seul mes décisions, cela m’a appris à les mesurer à mon aune personnelle et à les payer, comme il est juste, au péril de ma vie », écrit Bonatti dans l’introduction de son autobiographie, Montagnes d’une vie. Bonatti a réussi les plus grandes ascensions, dont l’ombrageux filleul Reinhold Messner, auquel lui-même préférait un Kukuczka, a pu dire qu’il était « l’un des plus grands alpinistes de l’Histoire, le dernier alpiniste traditionnel, très fort dans toutes les disciplines ».

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