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Au milieu d’un océan qui n’a de Pacifique que le nom, Tom Neale a vécu, seul et pendant des années, sur une île déserte. Située à 385 kilomètres de l’île la plus proche, et à 950 kms du plus proche aérodrome, l’île de Suvarof est un atoll extrêmement isolé des îles Cook, dans le grand nulle part du Pacifique Sud. Entre 1952 et 1977 ce gentleman des atolls à la sauvagerie orgueilleuse a vécu quinze années sur son « île du désir », une destinée incroyable de Robinson des temps modernes. Récit d’une aventure hors normes. Première partie.

Le propre d’une véritable île, c’est de ne pas pouvoir être rejointe ou quittée n’importe quand. Un atoll pour univers, le vent comme seule musique, deux chats comme compagnons, une bande de sable de quelques centaines de mètres. Tom Neale a choisi une vie d’ermite particulière, plus proche des ermitages haut-perchés des Rimpoche himalayens que d’une simple vie d’ascète. De Dédale au facteur Cheval, nombreux sont les fous solitaires qui ont voulu bâtir leur royaume de leurs mains, comme pour circonscrire le monde et ses dangers qui les entoure. S’exiler aussi loin des hommes que Neale -une décision terriblement radicale – n’a pourtant pas été prise sans mûre réflexion, et une motivation qui étrangement n’a jamais failli.

Tom Neale a cinquante deux ans quand il s’installe à Suvarof : un âge tardif pour une crise d’adolescence. Né à Wellington, en Nouvelle-Zélande, il s’engage dans la Navy, puis vit de petits boulots à Tahiti de 1928 à 1943, avant de devenir magasinier dans les îles Cook. Un ami, Robert Frisbie, lui parle de l’atoll de Suvarof comme d’un paradis. Un petit paradis : l’îlot principal de l’atoll, Anchorage, fait huit cent mètres de long sur trois cent de large. En 1945, il voit pour la première fois « son » île : « Les yeux écarquillés, j’eus soudain ma première vision de Souvarof : une pulsation d’écume blanche battant le récif devant nous sur des miles et quelques plumets de cocotiers découpés sur le ciel bleu. ». Dès lors, il n’a de cesse de rêver d’y revenir, pour y vivre dans la solitude la plus totale. (…) La suite pour nos abonnés.

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