L’Edelrid Ohmega est une évolution très importante du Ohm II, lui même amélioration de l’Ohm première version. C’est presque une nouvelle manière de penser l’assurage, comme un assurage « assisté », pensé pour la grimpe sportive en salle, en falaise, mais aussi pour les grandes voies alpines en corde à simple.
Sur le terrain, il se révèle être plus qu’une curiosité technique : c’est une aide qui devient rapidement indispensable dans les cordées dont les poids des grimpeurs sont très éloignés. Nous l’avons testé trois mois en salle et en falaise. Et on doit bien avouer qu’il ne quitte plus notre sac de grimpe.
Cet Ohmega est bien plus
qu’une curiosité technique
L’Ohm première version proposait une résistance passive au frottement conçue pour augmenter le freinage lorsqu’un grimpeur tombe et tend la corde, aidant particulièrement les cordées avec grandes différences de poids. Mais ce dernier était un peu sec lors des chutes. Il était difficile aussi de donner du mou de manière fluide, notamment pour dynamiser en cas de chute.
La version II avait amélioré l’ergonomie avec un émerillon qui permettait de ne plus se prendre la tête pour savoir s’il était posé du bon côté sur le mur. Il proposait aussi un design plus compact. Mais le principe fondamental restait un système passif, avec une simple résistance au frottement sans activation mécanique.
©UL
Ohmega : une nouvelle classe d’assistant au freinage
L’Ohmega abandonne le principe purement passif pour un mécanisme à came actif avec trois niveaux de freinage réglables selon la différence de poids (+10 kg, +20 kg, +30 kg) grâce à une sangle HMPE intégrée. Ces trois niveaux de résistance sont indicatifs et ne correspondent pas forcément à la différence de poids réelle entre le grimpeur et son assureur.
190g. pour l’Ohmega
contre 450g. pour le Ohm !
Le mécanisme à came signifie qu’au lieu d’agir comme un frein constant et fixe, le Ohmega ajuste sa résistance en fonction de la chute, assurant un amortissement plus doux et contrôlé, ce qui est une une vraie révolution par rapport à l’Ohm.
Surtout, il voit sa taille et son dénombrement presque réduits de moitié par rapport à l’Ohm. Quant au poids, il est diminué de plus de moitié ! Soit 190g. pour l’Ohmega contre 450g. pour le Ohm !
L’Ohmega s’ouvre en appuyant sur son côté. C’est facile à faire mais mieux vaut anticiper et préparer la corde au sol, avec les deux mains, pour ensuite clipper l’appareil au premier point.
Il se clippe simplement comme un mousqueton au premier point, puis se révèle presque invisible jusqu’à ce qu’on en ait besoin, grâce à la poulie intégrée qui réduit la friction et le tirage du premier point d’assurage.
Chutes et différences de poids
Les trois positions de résistance (+10kg, +20kg, +30kg) se choisissent en tirant plus ou moins une petite languette de sangle d’un côté ou de l’autre (+10/+30) ou en faisant une boucle avec la sangle pou rle réglage intermédiaire (+20), pas facile au début.
Les indications sont assez peu intuitives. Des marquages sur le métal indiquent qu’il faut tirer dans un sens, tandis que des étiquettes indiquent la position sur la sangle… du côté opposé. Bref, rien de bien méchant mais il faudra bien prendre le temps de tester pour être sûr de ne pas se tromper.
Lors de tests avec une différence de poids notable (par exemple 30 kg entre grimpeur et assureur, un père et son fils en l’occurence), le Ohmega absorbe la chute de manière plus douce et contrôlée que l’Ohm, réduisant nettement la sensation blocage désagréable pour le grimpeur comme pour l’assureur.
Mieux, il permet à l’assureur de presque laisser filer la corde (presque, attention, en gardant toujours une main sur la corde bien-sûr) grâce à l’assistance que procure l’Ohmega.
Nous avons également testé l’Ohmega avec une corde déjà bien usée. Même avec la résistance minimale (+10kg), la corde est bien freinée. En revanche, avec une corde neuve (9,2mm), il faudra être vigilant et bien choisir la résistance (même si l’appareil est prévu pour des cordes entre 8,6mm et 10,5mm). Tout cela dépend évidemment du gabarit du grimpeur.
Flui-di-té
Mais là on l’Ohmega marque véritablement des points, vis à vis de ses prédécesseurs, c’est dans la fluidité pour l’assureur lorsqu’il donne du mou. La poulie intégrée est très efficace. On retrouve un peu de la sensation du Neox de Petzl. Et l’on retrouve les grandes brassées de corde données au grimpeur à l’approche du point.
Cette poulie permet aussi au grimpeur un peu taquet de ne se retrouver à tirer une corde bloquée au moment fatidique de clipper (du vécu). Ici, le mou vient naturellement, sans à-coups.
Son prix est relativement élevé, soit le prix du précédent Ohm mais sans mousqueton fourni.
CONCLUSION
Sur le terrain, l’Edelrid Ohmega confirme ses promesses : il rend l’assurage plus intuitif, plus doux et plus contrôlé dans le contexte où la différence de poids entre grimpeur et assureur rend la chute désagréable, voire risquée.
L’ancien Ohm reste un outil logique et robuste pour ceux qui veulent juste un petit « plus » en assurage, mais l’Ohmega redéfinit réellement ce que peut être un assistant d’assurage moderne, léger, réglable et réellement sécurisant sans sacrifier la fluidité de progression. Presque un fond de sac.
Caractéristiques
POIDS : 190 g. PRIX : 125 €



