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Quand vous demandez à Symon Welfringer un bilan de son été passé dans les Alpes, prévoyez de la place sur le carnet de notes. Car le jeune alpiniste – 26 ans – n’a pas traîné pour enchaîner de belles réalisations, qui illustrent une belle polyvalence, des classiques dures du Mont-Blanc à Paciencia en face nord de l’Eiger, un chef d’oeuvre d’Ueli Steck. Grimper du 8c+, gravir des faces nord en courant, marier escalade et haut-niveau en alpinisme n’est pas nouveau. Alors c’est quoi le haut-niveau ? « L’esprit d’aventure » selon Symon Welfringer, qui dit en manquer, mais prévoit de retourner en expé.

L’alpinisme n’est pas un sport codifié. Même s’il y a des cotations, même s’il y a un chronomètre, il reste toujours une part impossible à évaluer. Oui, on peut comparer les chronos sur telle ascension. Mais comment comparer les cotations d’une voie à l’autre ? Comment comparer tel ou tel enchaînement de voies ? Sans parler du référentiel : les voies dures du massif du Mont-Blanc comme Manitua aux Jorasses ou Divine Providence au Grand Pilier d’Angle ont été ouvertes il y a presque trente ans. Elles ont été libérées ensuite par des grimpeurs dont le niveau maximum tournait autour de 8b. Qu’en est-il pour un alpiniste d’aujourd’hui capable de cocher quasiment deux lettres de plus, avec du matériel et des connaissances un peu plus pointus ?

(…) Nous avons voulu tenter de définir ce haut-niveau actuel en discutant avec Symon Welfringer alors qu’il descendait d’une belle répétition en face nord de l’Eiger de la voie Paciencia. Jeune alpiniste et fort grimpeur (mais tout est relatif, comme il l’explique lui-même ici) : Symon Welfringer fait partie de cette nouvelle génération d’alpinistes, rapides et ultra polyvalents, capables d’enchaîner projet sur projet, tout en restant lucides sur ce que l’Histoire peut retenir quand on parle de réalisations vraiment …historiques. L’alpinisme, pour lui, est une histoire d’exploration et d’aventure, forcément quelque chose de rare – et pas très français, finalement, dit-il. Car si en France figurer parmi les meilleurs alpinistes voulait dire s’approcher du niveau des meilleurs en rocher – dans les années 80/90-  ce n’est pas forcément le cas ailleurs – et dans les fait, en Himalaya.

(…) Symon Welfringer  : selon moi, la conception du haut-niveau à la française est particulière, on va dire qu’elle est ancrée sur le modèle d’un Jean-Christophe Lafaille, capable de grimper au plus haut-niveau en rocher, devenu ensuite grand alpiniste et grand himalayiste. En France, être le meilleur alpiniste ce serait presque être dans les meilleurs en rocher… c’est la culture venue de nos aînés des années 80-90, avec des gens comme Alain Ghersen (…)

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