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Nous avons joint Charles Dubouloz hier soir, tout juste rentré de son exploit en solitaire en face nord des Grandes Jorasses, par la voie Rolling Stones. Du soleil plein la voix et sans qu’aucune fatigue ne transparaisse, il décrit de la dureté, un environnement « dangereux », mais comme l’aboutissement de longues années de pratiques sportives en montagne. « Récupérer » et « m’occuper de mon foyer », tel est désormais le programme pour l’alpiniste. Interview.

Alpine Mag : Comment te sens-tu après ton exploit ?

Charles Dubouloz : J’ai du mal à comprendre. Je n’ai quasiment pas mangé dans la voie, j’ai à peine bu, je ne pouvais rien avaler. Et je sors d’une nuit blanche parce qu’on ne pouvait pas rentrer d’Italie à cause du tunnel fermé. Pourtant, je vais étonnamment bien ! Sûrement l’euphorie, car c’était un objectif super important.

Il trottait dans ta tête depuis combien de temps ? 

Ça fait trois ans que Rolling Stones me trotte dans la tête. Pour moi c’est une voie mythique du massif, l’une des plus longues dans les Jorasses. C’est hyper soutenu, jamais fait, très aventureux. Il y a peu d’infos sur la voie, en tout cas on sait que c’est du caillou pas terrible. Il y avait un mythe à abattre.

Ça fait peur, c’est sûr

Sur l’éperon Walker des Grandes Jorasses, difficile de faire plus direct que la voie Rolling Stones ©Jocelyn Chavy

Sachant tout ça, il y a une appréhension forcément en arrivant au pied

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