Le ski de randonnée en station : quand et comment

Itinéraire de ski de rando sur la station de Chamrousse ©JC

Ces dernières années le ski de randonnée s’est beaucoup développé. Des itinéraires ont été tracés et entretenus par les stations, dont les domaines skiables doivent composer avec les skieurs de rando… sans que ceux-ci ne se mettent en danger. La FFME vient de sortir une vidéo dont l’objectif est de réfléchir à la cohabitation entre ski de rando et domaines skiables. Et partager les problématiques liées à la pratique du ski de rando en station : le danger des câbles de treuil pour le damage, celui des avalanches déclenchées préventivement. Un film pédagogique pour toutes celles et ceux qui empruntent, à dessein ou parfois sans le savoir, les domaines skiables pour randonner, à la montée comme à la descente. 

Ces accidents sont rares mais terribles : des skieurs de rando fauchés par des câbles de treuil pour les engins de damage, dont ils ignoraient l’existence. Adjoint au directeur des pistes d’Aussois, Julien Métivier pointe ce danger, qui est la raison pour laquelle le ski de rando est interdit sur le domaine skiable, sauf sur l’itinéraire dédié, entretenu par la station. Réalisé par Gaël Bouquet des Chaux et Gaël Rastout, ce nouveau film de la FFME donne la parole à un panel d’acteurs directement concernés par la fréquentation – en hausse – des skieurs de randonnée aux abords des domaines skiables, ou sur ceux-ci.

Directeur de la station des 7 Laux, Jean-François Genevray admet connaître des problèmes de cohabitation entre les skieurs de rando et le travail sur le domaine skiable. Il identifie plusieurs types de skieurs de rando : les débutants, les sportifs-compétiteurs qui viennent avant ou après les heures de bureau, et tous ceux qui viennent pratiquer en station quand les conditions de neige ou de risque sont compliquées ailleurs.

©FFME

Au service des pistes d’Aussois, Julien Métivier rappelle que si les skieurs de rando viennent pratiquer sur le domaine skiable, c’est pour « le confort » pour les uns, et « pour apprivoiser le milieu » pour d’autres.  « Cela leur donne une impression de sécurité ». Mais attention à l’illusion de sécurité, pointe Cédric Perretier, le directeur des pistes de Courchevel, station où se déploit le dynamique club Courchevel Sports Outdoor. Une impression de fausse sécurité, qu’explique en détail Stéphane Bornet.

Le directeur de l’ANENA met en garde sur les déclenchements préventifs d’avalanches, les Plans d’Intervention de Déclenchement des Avalanches ou PIDA pour sécuriser le domaine, qui peuvent déborder bien au-delà des pistes. « Il n’y a pas de petit hors-pistes » rappelle Stéphane Bornet, en exhortant les randonneurs à préparer leur sortie, même en station.

Sur les domaines skiables il y a des règles, pour la sécurité de tous, et fixées par arrêtés municipaux

Aux 7 Laux, en Belledonne, le PIDA compte pas moins de 250 (!) points de tir, dont plusieurs dizaines pour la combe du Pra, très prisée des randonneurs ! Mais pour chaque PIDA, la mairie prend et affiche un arrêté d’interdiction de tel ou tel secteur, et l’information est bien entendu partagée par les pisteurs et les autorités.

« En tant que gestionnaire du domaine skiable, on a voulu expliquer ces problématiques aux skieurs de rando. Le site est réglementé par des arrêtés municipaux. Le ski de rando est interdit sur les pistes, à la montée. Certains nous ont répondu, la montagne est un espace de liberté. Et bien, pas vraiment. Sur le domaine skiable, il y a des règles, pour la sécurité des skieurs de piste comme pour la sécurité des autres pratiquants » dit J-F. Genevray. 

Le versant sud de la Jasse, accessible avec un forfait randonneur aux 7 Laux. ©JC

Le film de la FFME aborde également la question des forfaits pour les skieurs de randonnée. Il donne la parole au directeur des 7 Laux, une station où un forfait randonneur permet l’accès à trois remontées, et ainsi à un grand nombre de « vraies » randos hors du domaine skiable. Idem à Aussois.

Dans les faits, si certaines stations proposent un forfait randonneur à prix accessible (pour info, 19 euros à Aussois, 17 euros aux 7 Laux), d’autres ne jouent pas le jeu.

Dans tous les cas, entendre le point de vue des responsables – pistes, formateur avalanches, etc – est pédagogique. Et il y a encore du boulot : pendant que le directeur des 7 Laux explique pourquoi remonter les pistes est dangereux, on distingue un skieur de rando solitaire qui n’en a cure, derrière lui.

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