Les plus belles photos de trail du concours Red Bull Illume 2026 

Un pied ravagé par 170 km sous la pluie, deux coureurs perdus au bord d’un lac en plein désert australien, une traileuse suspendue au-dessus d’une mer de nuages dans les Pyrénées : voici les 20 finalistes de la catégorie Trail de The Illume Awards 2026, le concours international de photographie d’aventure. Attention aux âmes sensibles : la dernière photo est du genre… repoussante.

Inés Veintemilla court sur une arête enneigée au-dessus d’une mer de nuages, dans les Pyrénées

Inés Veintemilla, Pyrénées (Espagne)

Inés Veintemilla et Yhabril connaissent ce parcours par cœur : ils y courent régulièrement. Mais ce jour-là, la première neige de la saison, les nuages bas qui remplissent la vallée et la dernière lumière du jour transforment ce décor familier en paysage presque irréel. Le photographe attend que la coureuse atteigne l’arête, guettant sa longue foulée fluide, pour qu’elle franchisse la trouée au-dessus de la mer de nuages au moment exact. « Cette image ne parle pas vraiment de l’acte de courir, mais de ce que la course en montagne peut faire ressentir : la liberté, la présence et la sensation d’être pleinement vivant. »

© Yhabril / The Illume

Ida Amelie Robsahm au milieu de la foule de Sancti Spiritu lors de Zegama-Aizkorri 2026

Ida Amelie Robsahm, Zegama-Aizkorri, Sancti Spiritu (Pays basque, Espagne)

Sancti Spiritu, lors de l’édition 2026 de Zegama-Aizkorri, course mythique du Pays basque. Un passage où tout arrive, et très vite : « On ne peut pas se permettre de cligner des yeux trop longtemps, sinon on rate tout. » Pour avoir elle-même couru en compétition, Ágata Dominguez anticipe l’expression, le mouvement, la composition et l’énergie de la foule. Dans la course féminine, elle cherche cette énergie farouche faite de concentration, d’épuisement, de force et de détermination. « En tant que photographe femme, créer des images pour d’autres femmes a quelque chose d’encore plus spécial. »

© Ágata Dominguez / The Illume

Francesco Puppi, minuscule silhouette sur un promontoire éclairé du Grand Canyon, Arizona

Francesco Puppi, Grand Canyon, Arizona (États-Unis)

Daniele Molineris suit Francesco Puppi en Arizona dans les semaines qui précèdent la course de Black Canyon. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas la course mais tout ce qui la précède : les gros blocs d’entraînement, l’affûtage, cette étrange phase de vide vécue à des milliers de kilomètres de chez soi. Une journée au Grand Canyon, officiellement pour s’habituer à la chaleur. En fin d’après-midi, le photographe grimpe à un belvédère et attend. Seul le promontoire que va traverser le coureur est encore au soleil, tout le reste plonge dans le noir. « Il est le plus petit élément de la photo, et le premier qu’on voit. »

© Daniele Molineris / The Illume

Marwan Ali court sur une piste du désert de Mojave sous des lignes à haute tension, en noir et blanc

Marwan Ali, The Speed Project, Powerline Road, désert de Mojave, Californie (États-Unis)

The Speed Project 2024, de Los Angeles à Las Vegas. Plus de vingt heures de course, juste après le lever du soleil, sur Powerline Road. La nuit a été longue, le terrain impitoyable, et la Jeep d’assistance de l’équipe OMRC s’est ensablée : il a fallu creuser, pousser, puis accepter l’aide d’une autre équipe. Quand le convoi repart, le paysage s’ouvre sur une piste qui file sous une enfilade sans fin de lignes à haute tension. Marwan Ali avance, presque avalé par le désert. « Une route, un coureur, une direction, même si l’arrivée est encore loin. »

© Agu Losso / The Illume

Vue aérienne de deux coureurs au bord d’un lac éphémère dans le désert de Simpson, Australie

Mim Stevens et Michael Bertram, désert de Simpson, Queensland (Australie)

Des pluies d’hiver torrentielles se sont abattues sur le désert de Simpson. Les dunes arides et les plaines caillouteuses se sont couvertes de lacs, au point de rendre l’orientation délicate. Calumn Hockey couvre un ultra de 100 km à Birdsville, dans le Queensland. Avec la pluie, l’essentiel du parcours n’est plus accessible qu’au drone. D’où cette image de deux coureurs au bord d’un immense lac du désert.

© Calumn Hockey / The Illume

Vue sous l’eau de la chaussure de Sam Osborne traversant un ruisseau limpide, forêt de Whakarewarewa

Sam Osborne, forêt de Whakarewarewa, Rotorua (Nouvelle-Zélande)

L’eau de ce ruisseau, issue d’une source cachée dans la forêt de Whakarewarewa, est d’une limpidité incroyable. En trail, certains jours, on court en plein dans les rivières : Graeme Murray voulait montrer ce qui se passe sous la surface quand la chaussure et la jambe plongent dans l’eau. Il fait appel au coureur local Sam Osborne, enfile une combinaison et des chaussons, puis s’installe dans le courant glacé avec son caisson étanche. Grâce à la transparence de l’eau, l’idée fonctionne parfaitement.

© Graeme Murray / The Illume

Philipp Ausserhofer sur une crête rocheuse dans le brouillard, sous le Puig Major, Majorque

Philipp Ausserhofer, Puig Major, Serra de Tramuntana, Majorque (Espagne)

Ce devait être un jour de course. En novembre 2024, Philipp Ausserhofer est venu à Majorque pour l’épreuve du circuit UTMB, cochée de longue date dans son calendrier. Mais la veille, des pluies diluviennes transforment les sentiers en boue et la course est annulée. Faute de mieux, direction la montagne, au nord de l’île, sur une crête sous le Puig Major, le sommet coiffé d’une station militaire. Au coucher du soleil, le brouillard ouvre et referme la vue sur la Tramuntana. Une soirée magnifique, reconnaît Moritz Klee. « Mais au bout du compte, un beau coucher de soleil ne remplace pas une course. »

© Moritz Klee / The Illume

Robert Greso court sur une arête rocheuse face aux sommets des Dolomites dans les nuages

Robert Greso, Dolomites (Italie)

Photographe et coureur à la fois, Robert Greso enchaîne trail et tronçons de via ferrata lors d’un voyage dans les Dolomites. Son objectif : un belvédère aperçu dans une vidéo, sans nom de lieu. Il passe des heures sur les cartes satellites, à comparer les sommets, jusqu’à le localiser. Plutôt que le chemin le plus court, il choisit l’itinéraire le plus long. En route, il grimpe sur cette arête au-dessus du vide, face aux sommets dans les nuages. Le temps d’arriver au belvédère, l’orage l’y avait précédé. Aucun regret : ce détour est devenu son endroit préféré du voyage.

© Robert Greso / The Illume

Holly Rush se rafraîchit la tête dans un congélateur à glaçons devant une supérette du Nevada

Holly Rush, The Speed Project, Nevada (États-Unis)

Fin de course pour Holly Rush, qui relie Los Angeles à Las Vegas lors de The Speed Project : 550 km, avec une équipe de quatre personnes qui court à ses côtés, filme et conduit le camping-car où elle grappille un peu de sommeil, d’eau et de nourriture. À la frontière entre la Californie et le Nevada, elle se rafraîchit dans le congélateur à glaçons d’une supérette : le jour, le thermomètre approche les 40 °C. Jake Baggaley repère la scène en courant avec elle. Le décor rétro de cette petite ville de western, le logo « Ice » assorti aux chaussures de son sponsor : tout s’aligne.

© Jake Baggaley / The Illume

Kuba Orłów assis, épuisé, sur le seuil d’un chalet en bois, observé par deux chiens, Beskid Mały

Kuba Orłów, Beskidy Ultra Trail, col de Gibasowe, Beskid Mały (Pologne)

Sur le Beskidy Ultra Trail, en Pologne, le format BUT Challenge impose trois boucles au départ de Szczyrk : 410 km et 22 000 m de dénivelé positif en autonomie, en 100 heures maximum. Katarzyna Gogler croise Kuba Orłów une douzaine d’heures après le départ, en pleine chaleur de midi. Il cherche à boire dans ce chalet. Pendant que le propriétaire est rentré, il attend, épuisé, sur le seuil, sous le regard de deux jeunes chiens. « Il y avait une sorte de dialogue silencieux entre les chiens et cet humain épuisé, assis à l’ombre. » En tête de la course, Kuba abandonnera après la deuxième boucle. Personne ne bouclera les 410 km.

© Katarzyna Gogler / The Illume

Deux coureurs en silhouette dans une forêt traversée de rayons de lumière, Ribeira Sacra, Galice

Trail Ribeira Sacra, Galice (Espagne)

Premières heures du marathon de montagne Trail Ribeira Sacra, dans le nord-ouest de l’Espagne. La course traverse une forêt ancienne qui domine un immense canyon, une terre façonnée par des siècles d’histoire et de légendes. Alors que le soleil filtre à travers les branches, Miguel Rúa se retourne et voit deux coureurs (non identifiés) surgir de la poussière. Pendant quelques secondes, les particules en suspension accrochent la lumière et les silhouettes semblent appartenir à la forêt. « L’instant n’a duré que quelques secondes. C’est justement ce qui l’a rendu magique. »

© Miguel Rúa / The Illume

Anna Maria Klocker court sur des collines dorées au pied de montagnes enneigées, Kirghizistan

Anna Maria Klocker, Kirghizistan

Au milieu de nulle part, dans une région du Kirghizistan dont il a oublié le nom, Tom Klocker et sa femme, Anna, passent cinq jours chez une famille d’agriculteurs. Ce jour-là, ils empruntent le sentier qui part derrière la maison pour explorer les montagnes alentour, en courant, l’appareil photo à la main.

© Tom Klocker / The Illume

Philipp Ausserhofer en silhouette sur une arête devant des chaînes de montagnes dans la brume, Achensee

Philipp Ausserhofer, Achensee, Tyrol (Autriche)

Tom Klocker avait ce lieu en tête depuis longtemps, mais il lui manquait le bon modèle. Philipp Ausserhofer, déjà croisé à Majorque, a tout de suite adhéré à l’idée, et la météo a joué le jeu. Le coureur a monté et descendu l’arête encore et encore, et l’image est venue assez vite.

© Tom Klocker / The Illume

Silhouette de Pauline Vuillemin en pleine foulée, vue d’en dessous sur fond de cimes d’arbres

Pauline Vuillemin, France

« L’aventure n’a pas d’adresse, elle n’exige ni passeport ni départ lointain », écrit Justin Galant. Elle se loge dans le présent, dans l’angle d’un regard, dans la lumière changeante d’un sentier familier. Vue d’en dessous, la silhouette de Pauline Vuillemin en pleine foulée se découpe sur la cime des arbres. « L’extraordinaire se cache dans l’ordinaire. »

© Justin Galant / The Illume

Vue aérienne de deux coureuses sur une crête de terres grises ravinées, paysage lunaire

Mathilde Petitjean et Chloé Margot, France

Parfois, les angles au sol sont déjà si impressionnants qu’on ne pense même pas à sortir le drone. C’est pourtant dans ces moments-là qu’il réserve les plus belles surprises. La séance était terminée, quelque part au milieu de nulle part en France, et le soleil couché. Moritz Ablinger fait décoller le drone, sans rien en attendre. « Toute la zone ressemblait à un paysage lunaire. »

© Moritz Ablinger / The Illume

Deux coureurs sur un rocher face à des îlots battus par une grosse vague, côte de l’Algarve

Mathilde Petitjean et Malo Thomas, Algarve (Portugal)

D’habitude, on prévoit des talkies-walkies quand les athlètes sont loin de l’objectif. En trail, on reste plutôt proche. Pas cette fois, sur la côte portugaise. Sans réseau téléphonique, Moritz Ablinger finit par agiter les bras comme un forcené et s’époumoner pour leur faire comprendre qu’il fallait attendre qu’une grosse vague frappe l’îlot en arrière-plan. « Je ne sais pas s’ils ont compris ce que j’essayais de dire, mais ça a marché. Au bout de 25 prises. »

© Moritz Ablinger / The Illume

Deux coureurs minuscules en silhouette au pied d’une butte rocheuse à l’aube, Moab, Utah

Keaton Blovad et Joshua Oblad, Moab, Utah (États-Unis)

Une image prise à l’aube, pour montrer combien le monde paraît immense quand on prend du recul. Le lever du soleil était caché par une mesa : la photo de « première lumière » prévue par Erica Hinck est devenue un jeu de silhouettes.

© Erica Hinck / The Illume

Silhouette de Marine Grange courant au bord du lac du Poursollet au coucher du soleil, Isère

Marine Grange, lac du Poursollet, Livet-et-Gavet (Isère)

Louis Garnier ne photographie le trail que depuis peu. Il y voit beaucoup de points communs avec le ski, en plus simple : sans neige, il est plus facile de se déplacer et de varier les angles. Le client voulait une belle lumière naturelle et une silhouette nette sur une ligne de crête. Mais la crête n’a jamais vraiment fonctionné : changement de plan, direction le lac. « Ce sont ces rares images qui restent, celles que tout photographe espère faire et qu’il obtient rarement. »

© Louis Garnier / The Illume

Romane Tschirhart, petite silhouette dans le brouillard au-dessus d’un arbre isolé, Pyrénées

Romane Tschirhart, Pyrénées (France)

Pluie, brouillard et végétation dense composent une atmosphère de mystère tranquille. La silhouette de Romane Tschirhart émerge du paysage et joue avec les formes et les textures de la flore des Pyrénées atlantiques, jusqu’à ce que sujet et décor semblent ne faire plus qu’un.

© Matt Georges / The Illume

Gros plan sur le pied abîmé de Shane Johnstone à l’arrivée du Grampians Peaks Trail 100 miles

Shane Johnstone, Grampians Peaks Trail, Dunkeld, Victoria (Australie)

Shane Johnstone, l’un des meilleurs coureurs australiens sur 100 miles, s’aligne sur l’ultra de 100 miles du Grampians Peaks Trail. Sur les hauts sommets du parcours, les conditions se dégradent : la pluie fouette les coureurs et le froid rend la nuit brutale. Calumn Hockey photographie le pied de Shane à l’arrivée : atteint du « pied de tranchée », il a la peau des orteils qui pèle. Il termine pourtant 12e, face à un plateau de niveau mondial.

© Calumn Hockey / The Illume