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Personnages en quête de hauteurs – 2/3 Le meurtre de Michel Balbec, deuxième partie

L’Américain se redressa de toute sa taille et lança un tonitruant « Don’t move, que personne ne bouge ! Shut this fucking door du dowrtoir Bernard. » Il lança cet ordre avec vigueur mais aussi avec ce léger clapotis que chaque « R » guttural (consonne fricative uvulaire voisée) provoque chez les locuteurs de langue anglaise et qui transforme ce son en une consonne spirante rétroflexe voisée assez cocasse.

Messner, immédiatement opérationnel, sortit son portable pour appeler les gendarmes et les informer de ce décès suspect. Las, toutes les connexions étaient en carafe  suite aux coups de boutoir que la foudre leur avait prodiguée. Messner se tourna vers Steve Lawsons-Smith : « Steve, what’s a hell is that shit ! »

Le géant se redressa : « Personne ne bouge, FBI ! », puis il se dirigea vers le dortoir à son tour.

Les trois lettres lancées dans l’azur avec force avaient eu un effet assourdissant. Alentour les bêtes se turent, les chocards d’un battement d’aile vinrent se poser alignés sur le fil à linge. Les marmottes se dressèrent comme des suricates, sentinelles figées de granite comme prêtes à sauter à la gorge du coupable, au loin un dahu lança son cri et détala, plus loin encore, un migou qui avait dévalisé les poubelles pendant la nuit prit ses jambes à son cou et disparut dans la crevasse qui lui servait d’abri – il la partageait, dans une idylle zoophile, avec un grand alpiniste prétendument disparu sur les flancs de la montagne ! Nobody is perfect, comme dirait l’autre.

Lawsons-Smith ressortit, tenant à la main un exemplaire froissé de Petits Meurtres en Vallouise, il le posa sur la table et, d’un doigt accusateur, tapota sévèrement la couverture d’un geste sec : Le coupable est là, dit-il. (…)

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