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Vagabond merveilleux, comme l’écrit Olivier Weber qui lui a consacré cette biographie, Jack London, mort en 1916, est l’un des plus grands aventuriers de l’époque. Contrebandier, chercheur d’or dans le grand nord, journaliste, marin, Jack London était aussi un militant très engagé politiquement. Olivier Weber dessine le parcours hors norme de cet auteur (« l’appel de la forêt ») que tout le monde a lu un jour.

Jack London, c’est l’aventurier qui se battait à mains nues dans les bas-fonds avant de partir écumer les mers, puis les forêts du grand nord pendant la ruée vers l’or, à la recherche de l’humanité qui surgit au milieu des conditions les plus rudes. Contrebandier d’huîtres devenu reporter de guerre, socialiste par conviction, Jack London a passé sa vie ensuite à écrire – mais il disait détester écrire. Sa plus belle aventure fut sans doute le Snark, un ketch de dix-sept mètres avec lequel il s’embarque pour traverser le Pacifique Sud, avant de mourir suicidé ou malade, à quarante ans, après cinquante livres.

L’ Appel de la forêt ou Croc-Blanc font partie des livres de jeunesse qui nous ont donné des rêves d’aventure. Mais Jack London fut aussi l’auteur de livres comme le Talon de Fer, une œuvre d’anticipation hallucinante qui décrit comment le capitalisme s’associe au fascisme pour briser une révolution populaire, prédisant la lutte armée contre le remède à une misère sociale provoquée par le système capitaliste. Son œuvre s’inspire de ses convictions, se nourrit de ses aventures.

 

L’appel du grand ailleurs, Olivier Weber, Editions Paulsen, 320p., 56€2016.

« Les amarres, Jack London les a larguées maintes fois, autant par goût de l’aventure que par une impérieuse nécessité de rupture. Il a fait mine de partir au loin pour mieux revenir à bon port, dessinant un sillage tourmenté, à son image. Il a écrit sa vie à la sueur de l’audace, au piment du baroud, pour tracer un contour singulier d’écrivain au long cours. S’il a rêvé les horizons, écumé les mers, ce fut pour s’ancrer à quai, dans le creuset de l’œuvre qu’il désirait aussi intense, aussi démesurée que sa vie, forcément excessive. Jack London a semé le doute et brouillé les cartes pour mieux mettre en scène sa destinée.

Tour à tour ouvrier, pilleur d’huîtres, garde-côtes, chasseur de phoques, marin en mers froides puis chaudes, vagabond sur les rails, chercheur d’or, militant révolutionnaire, reporter de guerre, romancier, fermier, Jack London n’a eu de cesse de vivre plusieurs fois, de changer de gangue, enlever les miasmes qui lui collaient à la peau, écrivain trop longtemps jugé comme auteur pour enfants alors que son enfance lui fut volée, de son propre aveu, écumeur des mers de l’existence qui aurait trop vite grandi » écrit Olivier Weber dans son introduction.

Olivier Weber, lui aussi reporter de guerre, écrivain, diplomate, a arpenté les territoires les plus âpres de la planète, confident du commandant Massoud en Afghanistan (cf son livre le Faucon Afghan), témoin des luttes armées des Karens en Birmanie, des Érythréens, des combattants du front Polisario au Maroc et tant d’autres, s’immergeant parmi les guérillas de toute la planète. Olivier Weber a dénoncé l’esclavagisme au Soudan, le sort des Amérindiens ou l’impunité des Khmers rouges au Cambodge, et a mené des missions humanitaires encore récemment en Irak. Après ses études, c’est en Californie, sur les pas de Jack London qu’Olivier Weber s’était élancé. Près de quatre décennies plus tard, Weber, biographe de Conrad ou Kessel à la plume incisive, écrit sur Jack London, l’écrivain qui l’a influencé, lui en qui l’appel de l’aventure a un jour résonné comme des millions de lecteurs et lectrices.

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