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Jean-Michel Cambon nous a quittés il y a peu, victime d’un accident alors qu’il équipait une nouvelle voie. Dans sa jeunesse, il fut un aventurier des cimes, un alpiniste talentueux qui forma une cordée de choc avec Bernard Francou. Les deux écumèrent les faces nord du Glacier Noir dans les Écrins. En témoigne le récit de l’ouverture de la Directe Cambon-Francou au Pic Sans Nom, 3914 m, au mitan des seventies, récit que J-M. Cambon nous a confié avant sa disparition.

Été 1975. Nino Ferrer chante le Sud, et aux pieds des grimpeurs, point de chaussons, mais des « grosses », des Super Guide signées Desmaison de la marque Galibier. En montagne, la vieille école française perdure même pour les jeunes grimpeurs en pantalons troués. Jean-Michel Cambon a vingt-trois ans et déjà une première vie d’alpiniste derrière lui. A dix-huit ans, il a répété les voies les plus dures des Dolomites – Carlesso à la Torre Trieste, Andrich-Fae et Philipp-Flamm à la Civetta – en une saison. Deux ans plus tôt il croise Jean-Marc Boivin lors d’un stage UCPA et ils ont vite grillé les étapes, direction les grandes courses. Gros moral, qui compense un équipement antédiluvien : une sixième répétition de la face sud du Fou, en 1972, sans baudrier, avec une ceinture d’encordement. Et les classiques de haute volée : Drus, Jorasses.

Trois ans plus tard, le Dijonnais ne pense plus qu’aux goulottes, nouveau terrain à défricher, et Jean-Michel Cambon à sa copine – et à se ranger des voitures. « Je pensais que l’alpinisme, pour moi, c’était terminé. Plus exactement, les trucs à cauchemarder la veille, c’était fini. » Mais la rencontre avec Bernard Francou provoque l’étincelle – et l’envie de tracer des nouvelles voies. (…)

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