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Ils commencent à être franchement inquiets, les guides, face au dérèglement climatique. Ce n’est pas pour rien que cet enjeu prend une large place dans le cadre des festivités des 200 ans de la Compagnie de Chamonix : une série de conférences en refuge en juin dernier, la publication d’un livret qui voyagera du sommet du mont Blanc jusqu’à la tour Eiffel début septembre, une rencontre avec des élus à l’Assemblée Nationale dans la foulée. Depuis deux siècles, les guides ont souvent dû s’adapter aux évolutions de la montagne, mais le processus s’accélère indéniablement. Dernier épisode de notre série Bicentenaire des guides de Chamonix.

Juillet 1788. Voilà déjà un an qu’Horace Bénédicte de Saussure a gravi le mont Blanc, réalisant son vieux rêve. Mais le Genevois est avant tout un scientifique, il veut tout savoir sur le monde de la haute altitude. Avec son fils Nicolas-Théodore, il décide de camper au col du Géant (3300 mètres), un passage entre les vallées de Chamonix et de Courmayeur découvert il y a peu par « Cachat le Géant » et « Tournier l’Oiseau ». Les deux guides et deux de leurs collègues sont embauchés par Saussure pour cette nouvelle expédition, qu’ils trouvent terriblement ennuyeuse : pendant deux semaines, Saussure et son fils réalisent des dizaines de mesures et d’observations (altitude, température, hygrométrie, teneur en oxygène, couleur et ciel, géologie, etc.). Les guides se demandent quand ils vont pouvoir enfin rentrer chez eux ! Heureusement les provisions finissent par manquer et l’équipe redescend à Courmayeur puis regagne Chamonix via Martigny.

Accompagner les scientifiques qui viennent à Chamonix est l’un des aspects courants du métier de guide, de Saussure à nos jours. (…)

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