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L’écroulement de l’Olan le 1er septembre dernier n’a pas eu le retentissement de celui de la Meije, survenu en août 2018. Sa connaissance est aussi restée jusqu’ici limitée. Des analyses du géomorphologue Ludovic Ravanel et le témoignage d’un aspirant-guide de haute montagne venu sur les lieux seulement deux jours plus tard nous éclairent. L’écroulement est important, mais les dégâts semblent limités. Reste le symbole : celui d’un sommet emblématique du massif des Écrins, dont les plus belles montagnes subissent les effets du réchauffement climatique.

Le 1er septembre dernier à 15 heures, Anouchka Hrdy, gardienne du refuge Font Turbat au pied de l’Olan (3 564 m, Écrins), est alertée par un fracas qui tonne et dure dehors. C’est une chute de pierres maousse, qui descend de haut dans la raide face nord-ouest, haute de 1 100 mètres. Dans le vacarme, un gros nuage de poussière se forme et masque la paroi. Le nuage progresse vers la petite bâtisse, cache l’aiguille de l’Olan et la pointe Maximin, deux hauts sommets voisins de l’Olan lui-même. Mais le bruit ralentit, s’apaise. Le nuage se dissipe et retombe doucement dans le fond du vallon. L’Olan, celui que les alpinistes nomment depuis des décennies  le « Dru du Dauphiné », s’est blessé sous le soleil qui règne ici depuis le mois de juin. Où exactement ?

Le grand couloir central, qui raye la paroi de haut en bas depuis la brèche entre le sommet central et le sommet sud, est blanchi de poussière et souillé par de l’eau sale sur les deux-tiers inférieurs. Plus haut dans la face, une partie du triangle rocheux final, massif et à lui seul haut de 500 mètres, est aussi blanchie. L’inquiétude monte : trois des plus grandes voies d’alpinisme dans le massif des Écrins évoluent dans ce triangle sommital. Des itinéraires de prestige réservés à l’élite, néanmoins magnifiques et chargés d’histoires. Des voies qui intéressent toujours les aspirant-guides français en route vers leur diplôme final de guide, comme des courses engagées requises qu’ils peuvent choisir de réaliser. La Couzy-Desmaison¹ d’abord, ouverte du 3 au 5 août 1956 par René Desmaison et Jean Couzy, semble atteinte, blanchie par la poussière dans sa partie inférieure. La Directe de gauche² ensuite, ouverte en deux fois et seulement plus de vingt ans plus tard par Pierre Bouilloux, Pierre Wilmart, puis Jean-Michel Cambon et Bernard Francou pour la sortie directe (15 et 16 août 1977, puis 15 août 1981) semble de loin épargnée. Difficile enfin de se prononcer sur la dernière, la plus dure, la plus directe et située entre les deux précédentes, la voie Chauve qui peut³, ouverte par les guides Mathieu Détrie et Pierre Labbre, les 30 et 31 août 2011.

À quel point ces voies sont-elles touchées ? Le socle de l’Olan, par lequel on accède aux voies en rive droite du grand couloir central, a-t-il été impacté ?

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