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« Nous sommes arrivés sur la Lune, mais il y a encore des endroits inexplorés sur Terre. Comme les astronautes, les alpinistes défient l’extrême et l’inconnu. » Les mots de Daniele Nardi résonnent encore, alors que la cordée Ballard/Nardi est officiellement portée disparue pendant leur tentative d’ascension hivernale du Nanga Parbat par l’éperon Mummery, encore invaincu. Après plus de 12 jours sans nouvelles, les corps des grimpeurs ont été repérés au téléscope. Nardi, himalayiste tenace à l’extrême a succombé à son obsession du Nanga Parbat. Portrait d’un rêveur acharné.

Avec une belle collection de 8000 dans sa besace, Daniele Nardi était considéré comme un himalayiste chevronné. Nanga Parbat, Everest (8 848 mètres), Broadpeak (8 047 mètres), K2 (8 611 mètres), Shishapangma (8 027 mètres) et Cho Oyu (8 201 mètres), ils étaient tous tombés dans son escarcelle. Le Nanga en hiver représentait quelque chose d’autre pour lui. On peut même parler d’obsession tant il y est retourné encore et encore. Cette tentative hivernale sur l’éperon Mummery était sa cinquième, dont deux en solo en 2015 et 2016.

L’enfant des plaines du Latium devenu himalayiste de l’extrême. ©Daniele Nardi

Le défi des glaces éternelles

Daniele Nardi, 42 ans, n’en est pas à son coup d’essai. L’italien connaissait  bien la zone, et le Nanga Parbat en hiver est devenu son rêve, qui l’obsède depuis plusieurs années. Et pour cause, cette tentative est sa cinquième en hiver ! S’il a déjà foulé la cime du Nanga Parbat en été, son premier essai

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