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Ce qu’il faut de peut-être

Macabre et habituelle besogne, les avalanches n’ont pas manqué les rendez-vous de l’hiver.
Et ce n’est pas fini. Vous le savez comme je le sais.
À chaque drame, à chaque passionné enfoui sous ce substrat qu’il a tant chéri, le monde n’oublie pas de nous interroger : pouvait-on l’anticiper ? Aurait-il pu savoir ? Notre réponse sonne comme un aveu, souvent oui, toujours sans doute, rarement non. Alors le tribunal populaire tombe à certitudes raccourcies sur la mémoire de cet inconscient puis sur celle du suivant qui aurait dû plus encore se méfier puisqu’il y avait un précédent. Nous tentons de les défendre – et nous en passant – mais nous ne parlons pas la même langue que ceux qui réclament, à raison sans doute, des comptes. Puis les spécialistes de la question rejouent le film, additionnent et soustraient leurs paramètres, secouent leurs algorithmes, valident leurs scores et la sentence tombe, la même : c’était écrit. Il, elle n’aurait jamais dû se trouver là, à cet instant, nous qui vivons savons. C’est frappant comme les spécialistes de la question, quelle qu’elle soit, vont jusqu’à refuser l’idée même d’un questionnement.
Aurait-il pu savoir ? Plus fondamentale que la capacité est la question de la nécessité : faut-il à tout prix savoir ? Cette question qu’on a de moins en moins le droit de se poser.
Imaginez une course en montagne.
Imaginez une course dont le choix vous a été inspiré par une application bien fichue qui digère

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