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Collectionneurs de 4000, ou alpinistes à la poursuite des plus belles arêtes des Alpes, la Nadelgrat est un morceau d’anthologie. Trois, voire quatre sommets de plus de 4000 mètres, une arête qui s’étire dans le ciel du Valais, d’un niveau abordable, que l’on peut corser avec des variantes. Le Nadelhorn, 4327 mètres, sera le cadeau final après l’ascension du Hohbärghorn et du Stecknadelhorn. D’une beauté éblouissante, on vous dit.

Le Valais et ses dizaines de sommets de plus de 4000 mètres représente sans doute la quintessence de l’alpinisme classique : celui, où, depuis plus d’un siècle, une montagne se gravit avec un piolet, une corde, de l’endurance, et pas mal de jugeote. Bien sûr, le matériel léger dont nous bénéficions n’a plus rien à voir avec celui des pionniers : l’évolution la plus importante étant sans doute les crampons. Fin XIXème, c’est souvent sans crampons et en taillant des marches que les guides suisses emmenaient leurs clients, puis, avec l’aide de lourds crampons dénués de pointes avant.

Le début tranquille du sentier pour Mischabelhütte, devant les installations de ski de Saas Fee et le 4000 le plus courtisé du secteur, l’Allalinhorn. ©Jocelyn Chavy

En cette mi-juillet, les conditions sont exceptionnellement bonnes, trop même, puisque l’arête Est de la Lenspitze a découragé une cordée la veille,  tandis que deux skieurs téméraires ont réussi l’aller-retour dans la superbement fuyante face nord-est. Autrement dit, l’arête qui relie la Lenspitze au Nadelhorn est elle aussi trop enneigée. Arrivés au nid d’aigle du refuge

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