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Question histoire de l’alpinisme, des dates anciennes marquent les esprits. 1492 ? L’ascension du Mont Aiguille. 1786 ? Celle du mont Blanc. 1865 ? C’est un feu d’artifices de premières, une date clé pour comprendre la naissance de l’alpinisme moderne. Retour sur cette tranche d’histoire contée par Gilles Modica, parue en 2015. 

L’année 1865 est l’apogée d’une décennie de conquêtes dans les Alpes. Le Cervin est gravi après dix-huit tentatives dans des circonstances tragiques (7 alpinistes, 4 morts). Mieux : 1865 symbolise l’âge d’or de l’alpinisme, celui des fondateurs, qui consiste à effectuer la première ascension des grands sommets. Bien avant le XXème siècle où les alpinistes se contenteront des miettes, c’est-à-dire des éperons et versants dédaignés des premiers ascensionnistes.

1865, l’âge d’or de l’alpinisme. Gilles Modica, éditions Guérin, 350 p, 56 €

Talentueux conteur de l’exploration, lui-même brillant alpiniste des seventies, Gilles Modica nous fait sourire en narrant les aventures de ces gentlemen – anglais pour la plupart – encordés avec des guides-paysans souvent oberlandais. Le matériel ? Dérisoire – un « bâton de frêne » pour Edward Whymper au Pelvoux, dans les Écrins, un outil mi-piolet, mi-hache, pour Michel Croz, le guide chamoniard qui, sans crampons, taillait les marches dans la glace et sans jamais faiblir.

Les refuges ? De simples auberges en fond de vallée, « pleines de puces ». Mais les cordées qui explorent les hautes cimes inconnues ne se refusent ni le whisky le matin, le vin à midi, et le champagne au sommet, savourant une pipe bien méritée… Une époque fascinante racontée avec brio. Et un livre somme paru en 2015 à avoir absolument dans sa bibliotèque alpine.