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« Il n’y a pas une transition écologique mais plusieurs » Éloge du débat avec le chercheur Mikaël Chambru

Spécialiste des conflits dans les territoires de montagne, Mikaël Chambru est maître de conférences en sciences sociales à l’Université Grenoble Alpes et chercheur au sein du Labex ITTEM. Allant à l’encontre du discours dominant qui invite à s’asseoir autour de la table pour se mettre d’accord, Mikaël Chambru défend les vertus de la controverse. Dans un contexte d’urgence climatique et à l’heure où la transition écologique presse, le chercheur invite à écouter les voix dissonantes pour enfin aller de l’avant.

Dans le cadre de vos travaux de recherche vous étudiez l’injonction à la transition écologique. En décembre 2020, le ministre de l’agriculture Julien Denormandie dénonçait précisément « l’écologie de l’injonction ». N’est-il pas nécessaire de placer les considérations environnementales au centre des débats ?

Mikaël Chambru: Le terme d’injonction comporte une dimension péjorative lorsqu’il est associé à la question de la transition écologique. Dans mes recherches, il n’y a aucune dimension péjorative mais plutôt une prise en considération de la complexité qui se cache derrière le mot transition, en apparence consensuel.

Aujourd’hui, nous faisons le constat que les territoires de montagne font face à une double injonction : d’un côté, une injonction à la transition et de l’autre côté, une injonction au consensus. Autrement dit, la transition est inévitable et elle se doit de mettre tout le monde d’accord [dans la manière dont elle doit être effectuée, NDLR]. Or, cette injonction au consensus qui est souvent justifiée idéologiquement au nom d’un rationalisme libéral, contribue à dépolitiser les enjeux posés

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