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Elle a gagné la CCC en 2017 et revient à Chamonix pour courir, mais pas seulement. Le 4 mai, Clare Gallagher sera dans l’une des vallées les plus polluées des Alpes pour l’événement Running Up For Air, une initiative permettant à chacun de venir courir pour améliorer la qualité de l’air (oui, vraiment). Interview mixte : trail running, sueur et protection de l’environnement.

Clare Gallagher est une jeune femme pressée. Elle a fait une entrée fracassante dans le monde du trail en 2016 en remportant la fameuse Leadville, l’un des ultra trails les plus cotés des Etats-Unis, qui a lieu dans sa région d’origine, le Colorado. En 2017 elle s’impose sans coup férir sur la CCC à Chamonix. Surtout, elle s’est faite l’avocate de l’environnement, puisque de Salt Lake City à Chamonix c’est le même combat pour améliorer la qualité médiocre, voire déplorable, de l’air. En attendant de se retrouver à Chamonix pour la première européenne du Running Up For Air le 4 mai : inscrivez-vous pour courir sur trois parcours différents, le long des sentiers au dessus des Planard à Chamonix, avec choix 1,7km, 7km, ou 9,2 km jusqu’à la Buvette des Mottets. L’idée ? Lever des fonds en faveur de l’amélioration de la qualité de l’air que respirent les habitants de la vallée de Chamonix, fonds versés à l’association Inspire.

Clare, que veut dire Running Up For Air ?

Pour moi, le RUFA est l’occasion d’aller courir et de rencontrer de nouveaux amis autour d’une sortie trail, et de le faire pour une bonne raison. Il est très important de sensibiliser le maximum de gens à la pollution atmosphérique à Chamonix. En profiter pour courir en même temps, c’est une super idée.

Quelles sont tes sentiers préférés autour de Chamonix pour du trail running ?

J’ai couru la première partie de l’UTMB jusqu’aux Chapieux. En 2017 j’ai fait la CCC donc je connais la section de la course qui parcourt la vallée de Chamonix, c’est-à-dire la descente de la Flégère jusqu’au centre-ville. En dehors de ça, je n’étais pas en forme à chaque fois que j’ai mis les pieds à Chamonix, donc je suis très enthousiaste à l’idée de parcourir de nouveaux sentiers.

Clare Gallagher court pour le climat. ©Clare Gallagher/Patagonia

Étais tu au courant des problèmes de qualité de l’air à Chamonix ? Ce phénomène est aussi fréquent aux Etats-Unis ?

J’ai appris que Chamonix avait l’une des pires qualités de l’air en Europe. C’est hélas la même chose aux Etats-Unis, où d’ailleurs la plupart des gens ne savent pas à quel point la qualité de l’air est mauvaise dans des villes comme Salt Lake City, ou Denver. Même Boulder, au milieu des montagnes, où je vis, a une qualité de l’air médiocre. Nous avons définitivement besoin de règlementations plus strictes sur les émissions.

 courir peut être un engagement politique, comme cela le sera à Chamonix le 4 mai. C’est un acte inoffensif, mais c’est mieux que de rester assis à se plaindre.

Quel est ton propre engagement dans la vie quotidienne ?

Je milite en faveur d’un organisme à but non lucratif appelé Protect Our Winters. Lorsqu’un projet de loi en faveur du climat arrive sur le tapis dans mon État d’origine, le Colorado, je le partage sur mes réseaux sociaux. J’encourage les gens à s’impliquer dans le processus démocratique en envoyant un courrier aux responsables de l’État pour leur faire savoir que la politique en matière de climat nous tient à cœur ! Il y a quelques jours j’ai témoigné à la capitale du Colorado en faveur d’un projet de loi visant à réduire nos émissions de 90% d’ici à 2050. Région par région, pays par pays, nous pouvons résoudre les crises du climat et de la pollution atmosphérique. D’un point de vue personnel, je conduis une voiture hybride, une Prius, je suis végétarienne, j’achète des produits biologiques, je fais du compost, recycle, etc, toutes ces petites choses faciles à faire.

Comment traduis tu ton engagement dans ta pratique du trail running ?

Quand je m’entraîne je ne laisse bien entendu aucune trace et tente de faire du covoiturage, de prendre le bus ou le vélo pour gagner le départ des sentiers. Je parle aussi beaucoup du changement climatique et de la qualité de l’air quand je cours en groupe, car je pense que c’est le moment idéal pour en discuter avec des amis.

Comment gérer l’achat de vêtements (tu es sponsorisée par Patagonia) tout en préservant l’environnement ?

De manière générale je n’achète rien sauf si j’en ai besoin. Je vais essayer d’abord de réparer plutôt que d’acheter, en suivant les conseils Worn Wear pour recoudre et remettre à neuf mes anciens vêtements. Je scanne les entreprises avant de leur acheter des produits. En l’occurrence, en ce qui concerne l’équipement de trail running aucune marque ne fabrique des vêtements aussi éthiques que Patagonia. La nouvelle gamme est composée à 100% de matériaux recyclés. Chaque marque devrait faire cela.

Courir à Cham’, un plaisir pour les yeux mais pas toujours pour les poumons. ©Jocelyn Chavy

Peux-tu nous en dire plus sur Boulder, où tu vis, qui est une des capitales américaines de l’outdoor et de la montagne ?

C’est un paradis de la course à pied, avec des kilomètres et des kilomètres de sentiers à parcourir, et beaucoup de passionnés de trail avec qui les découvrir. Boulder est aussi une ville progressiste, très libérale au sens américain du terme, où je suis inspirée par le fait de voir beaucoup de gens qui se soucient de la Terre autant que moi. 

Courir est-il un acte politique ?

D’une certaine manière, oui, courir peut être un engagement politique, comme cela le sera à Chamonix le 4 mai. C’est un acte inoffensif, mais c’est mieux que de rester sur nos culs en regardant la TV en se plaignant de Donald Trump. Nous devons nous engager avec la Terre afin de la protéger.

 

RUNNING UP FOR AIR LE 4 MAI À CHAMONIX : INSCRIVEZ-VOUS ICI.