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Il existe un petit village niché au cœur du Beaufortain, qui chaque hiver depuis plus de 36 ans devient pendant une semaine la capitale mondiale du ski-alpinisme, grâce à la mythique course de la Pierra Menta. Mais saviez-vous qu’Arêches-Beaufort était aussi une terre de trail ? Depuis six ans, la célèbre compétition se décline en version estivale avec sa petite sœur la Pierra Menta EDF d’été, en format skyrunning. Retour sur cette édition 2021 qui s’est déroulée le week-end du 1er au 3 juillet, et qui a fait du bien.

Mélangez une course en binôme, avec trois jours et des dénivelées positifs importants. Saupoudrez le tout avec des passages encordés spectaculaires et les paysages à couper le souffle du Beaufortain : vous obtiendrez une Pierra Menta d’été réussie. La recette s’inspire directement de son homonyme hivernal, ce qui en fait une course de skyrunning unique en son genre.

Cette année, 258 équipes (hommes, femmes et mixtes) se sont lancées à l’affront du parcours : 70 km et 7 000 mètres de dénivelés positifs attendaient les valeureux traileurs sur les trois jours de course. Impatients de revenir user leurs baskets sur les sentiers de la commune d’Arêches-Beaufort, concurrents et public ont fait le spectacle entre crêtes, singles, adrets et ubacs pentus. L’itinéraire de cette édition 2021 a défriché trois secteurs différents au départ du parking de la Serraz, à la sortie du village d’Arêches.

Technicité et rudesse, dès le 1er jour de course ©Franck Oddoux

J1 : brouillard épais sur les sommets et terrain rendu glissant par la pluie

Jour 1

La première étape s’est déroulée dans le secteur très sauvage de la Grande Journée et de la Légette du Mirantin, avec un parcours particulièrement technique et difficile. Avec notamment un passage encordé sur une arête de 250 mètres, ce qui a obligé les coureurs à prendre le départ avec des longes et un baudrier. Le tout agrémenté d’un brouillard épais sur les sommets et d’un terrain rendu glissant par la pluie de la veille… Ambiance sur les sommets.

Départ serré pour les 258 équipes alignées cette année ©Franck Oddoux

Jour 1 ©Franck Oddoux

Jour 2

La deuxième étape reste la plus longue et certainement la plus difficile et la plus technique. Elle a conduit les coureurs au Grand-Mont, sommet ô combien emblématique de la Pierra Menta hivernale… Une technicité qui se traduit par plusieurs passages techniques encordés sur l’arête de l’antécime, et par des descentes glissantes (parfois sur les fesses !) sur des névés…

La course évolue principalement au milieu d’un paysage minéral avec en toile de fond, le mont Blanc… Pour le plus grand bonheur de tous, la météo était clémente avec une tempête de ciel bleu, ce qui a permis de s’en mettre plein les yeux.

Vers le Grand Mont, avec le Blanc en toile de fond ©Franck Oddoux

J2 ©Franck Oddoux

©Franck Oddoux

cris, applaudissements, carons, cornes de brumes, mégaphones et fumigènes

Jour 3

Le samedi enfin, ce fut l’étape de la Roche Parstire : la dernière étape, mais aussi la plus courte. Nerveuse et pour le coup physique, elle comportait de nombreux changements de rythme et une alternance de montées et descentes. Même si la technicité est moindre, il a fallu se hisser au sommet de la Roche Parstire afin de profiter d’une vue surplombant le barrage de Roselend, mais surtout d’une ambiance digne d’une victoire de coupe du monde.

Malgré le ciel grisâtre, une centaine de joyeux supporters sont venus encourager les coureurs sur la crête : des cris, des applaudissements, les fameux « carons » (les cloches des vaches) secoués, cornes de brumes, mégaphones et fumigènes. Cette ambiance conviviale, peu commune dans le monde du trail, contribue à la renommée de cette course qui chaque année joue ses inscriptions à guichet fermée.

Jour 3 ©Franck Oddoux

Avec la Pierra Menta qui veille ©Franck Oddoux

Les résultats 

Au classement général du côté masculin, c’est le duo français (et local !) composé de Yoann Sert et du tout jeune Hugo Carcey-Collet qui remporte la compétition. Malgré leur cinquième place sur la dernière étape et une blessure à la cheville le premier jour pour Hugo, ils avaient une large avance de 8 minutes, ce qui leur a permis de gagner cette 6ème édition haut la main en 9h24min42s ! Pour le reste du podium et à moins de 10 minutes, c’est le Tchèque Tomas Macecek et le Slovaque Peter Frano qui terminent à la seconde position devant la paire italienne composée d’Andrea Pozzer et de Filippo Beccari.

Chez les femmes, c’est un podium 100% français avec la victoire des favorites : la locale Sophie Mollard et sa coéquipière Candice Bonnel, en 12h04min13s. Elles sont suivies sur la seconde marche du podium par Maryline Nakache et Alexia Coudray. Et c’est un autre duo local composé de Caroline Limouza et de Marie Pollet-Villard qui monte sur la troisième marche.

Dans les équipes mixtes, la bataille entre les 2 premiers duos a fait rage. Ils se sont tirés la bourre jusqu’au dernier moment, mais c’est finalement le couple Adrien Michaud et Célia Chiron qui s’impose au classement général et qui remporte cette 6ème édition, en 10h07min15s. Julie Roux et Édouard Laudier n’auront pas démérités et se seront battus jusqu’à la dernière seconde. Après 3 jours de course, ils prennent la seconde place au classement général, en 10h16min53s. Ces deux équipes avaient de loin le plus gros niveau de la compétition toutes catégories confondues ! Elles terminent d’ailleurs 7ème et 9ème au classement scratch, un exploit face aux équipes 100% masculines ! La troisième place du podium est quant à elle occupée par la paire composée d’Anaïs Boucansaud et de Rémi Bibard, qui a coupé la ligne en 11h19min05s.

 

©Paul Viard-Gaudin

En bref, ce fut une bien belle édition qui a permis à beaucoup de coureurs de remettre un dossard, certains étant restés presque deux ans privés de compétitions à cause du contexte sanitaire ! Un grand merci à toute l’équipe organisatrice et aux nombreux bénévoles pour cette Pierra d’été de qualité.

Tous les résultats de la compétition ICI

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