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Voilà un voyage au long cours que nous venons d’achever cette dernière semaine du mois d’août 2021. De mes quinze ans à mes trente ans, La Meije aura façonné ma carrière d’alpiniste. Tantôt en cordée, tantôt seul, en hiver comme en été, la Reine de l’Oisans rythme la vie de beaucoup d’habitants de la Haute-Romanche. En voici la dernière ligne ouverte avec Erin Smart et Cyril Dupeyre : Athée Pieds.

Un périple représentant déjà la moitié de ma courte existence, voilà comment la Meije et ses faces m’électrisent au point de ne plus vouloir quitter cette profonde vallée de l’Oisans. Tout a commencé pour moi il y a quinze ans lorsque je grimpais ma première voie en face sud de la Meije : la Pierre Allain. A 18 ans, c’est Mitchka qui me permit de fouler une deuxième fois le Grand Pic avec un enchainement intégralement en libre et à la journée (peut-être le premier). En 2014, avec Léo Billon, nous nous lançons dans la face nord directe en hivernale. C’est notre première expérience dans une telle entreprise. Nous terminerons la descente dans l’hélicoptère des secours. La trajectoire d’un rocher aura eu raison du pied de Léo…

En 2016, je me décale un peu plus à l’est dans cette immense face sud et réalise la première ascension en solo intégral de la face sud directe du Doigt de Dieu. C’est lors de cette escalade expresse de 3h30 que je remarque que les dalles à droite de la fissure en arc-de-cercle doivent être grimpables. J’y erre d’ailleurs quelques dizaines de mètres tant la célèbre fissure est ruisselante. C’est à partir de ce moment-là que l’idée d’une seconde voie dans la face sud du Doigt de Dieu naquit. Je ne savais pas encore qu’il me faudrait deux saisons, 2020 et 2021, pour cette belle aventure (…)

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