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Grandes manoeuvres en Oisans : l’Alpe d’Huez a remporté la délégation de service public des Deux Alpes, trois ans après celle de la Grave. Au pied de la Meije, l’inquiétude grandit devant l’aménagement prévu d’un troisième tronçon sur le glacier de la Girose et ses conséquences potentielles, une liaison avec les Deux Alpes, voire, comme on l’a expliqué, un projet de méga domaine avec l’Alpe d’Huez. L’heure est en tous cas à la réflexion sur l’avenir d’un téléphérique petit poucet pour lequel la SATA prévoit tout de même 11 millions d’euros, ceci alors qu’elle prévoit un investissement colossal sur le domaine voisin de la Grave, les Deux Alpes.

En 2017, la municipalité de la Grave choisit la SATA comme délégataire de service public. À ce moment-là, les gravarots voient d’un bon oeil le concurrent des Deux Alpes rafler la mise et les mettre à l’abri de la convoitise des Deux Alpes. Les temps ont changé. Nous avons donné la parole au collectif la Grave Autrement. Ni une liste électorale, ni une association, le collectif se veut porteur d’un projet pour la Grave, porteur d’un projet qui imaginent un futur différent que celui qui rapprocherait la Grave des Deux Alpes par la construction d’un troisième tronçon. En l’occurence, celui-ci existe actuellement sous la forme d’un téléski, bientôt remplacé. Comme nous l’avons expliqué dans notre article Mariage arrangé entre l’Alpe d’Huez et les Deux Alpes, la Société d’Aménagement Touristique de l’Alpe d’Huez (SATA) a obtenu de la mairie des Deux Alpes (et de celle de Saint-Christophe) la délégation de service public (DSP) pour la construction et l’exploitation (ce sont les termes exacts) du domaine skiable des Deux Alpes, DSP effective à partir du 1er décembre 2020.

Un changement de DSP anticipé de trois années, puisque le contrat qui liait les Deux Alpes à la Compagnie des Alpes précédent délégataire courait jusqu’en 2023. Par ailleurs, la SATA a remporté la DSP de la Grave en 2017, DSP dans laquelle le projet de troisième tronçon ou de remplacement de celui-ci figurait dans la demande de la municipalité, soucieuse de voir des investissements se réaliser alors que le téléphérique de la Grave tombait en décréptitude. De fait, la SATG, filiale de la SATA, a dès l’automne dernier investi dans de nouvelles cabines, dont les portes, cette fois, ferment, tout en gardant la structure actuelle, et a commencé à améliorer l’accueil.

Le collectif La Grave Autrement n’est pas un groupe anti-station. S’il s’agit de garder l’état d’esprit actuel de la Grave, il ne s’agit pas d’être contre des aménagements ni contre le télécabine. Par contre, le collectif démontre que la voie du troisième tronçon telle qu’elle est imaginée actuellement, avec un véritable télécabine sur le modèle actuel, n’est pas de leur point de vue la bonne solution.

Dans la DSP signée en juin 2017 entre la Grave et la SATA, le troisième tronçon est prévu mais la liaison avec les Deux Alpes, un domaine exploité à partir de 2020 par la même SATA, n’est pas prévue, mais n’est pas explicitement exclue. Pour le collectif, le troisième tronçon est pourtant un engrenage qui conduirait à la liaison « naturelle » avec les Deux Alpes, voir la pierre apportée à l’édifice d’un méga domaine grand Oisans, de l’Alpe d’Huez à la Grave en passant par les Deux Alpes. « Un projet vieux de trente ans » explique le collectif. Selon la Grave Autrement, 

« La récente reprise de la station des Deux Alpes par la SATA pose de légitimes inquiétudes : lorsque les deux grandes stations étaient gérées par des opérateurs différents, on pouvait se dire qu’une entente était complexe ; aujourd’hui, on imagine aisément que ce qui a été signé hier peut être défait demain. Notre rôle est d’alerter la population sur la fragilité désormais certaine des engagements pris par la municipalité contre une quelconque liaison, qui deviendra très bientôt, si nous ne nous mobilisons pas, non seulement possible mais probable. »

(…) La suite pour les abonnés.

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