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Les  Piolets d’Or distinguent cette année la longue carrière de Krzysztof Wielicki en lui remettant le Piolet d’Or Carrière 2019, durant le festival de Ladek, en Pologne. Spécialiste de l’Himalaya en hiver, y signant quelques solos avant de devenir un chef d’expé de renom, la carrière du polonais est riche d’un demi-siècle d’alpinisme. Et de 14 x 8000.

Né en 1950, après de brillants début dans les Alpes et le Caucase, il fait sa première incursion à 27 ans à haute altitude en Hindu Kush, avec l’ouverture en cinq jours d’une voie de 2500 mètres de haut sur le Koh-e-Shakaur, 7116 m. Il passe par les hauts sommets du Pamir, où il valide ses facilités en au-dessus de 7000 m, puis inaugure en 1979 une voie sur la face ouest de l’Annapurna Sud (Modi Peak, 7219 m). Ces deux succès en style alpin lui donnent un ticket pour l’expédition hivernale d’Andrzej Zawada (le boss de l’alpinisme polonais de l’époque) à l’Everest. Succès historique en 1980 pour Wielicki et Leszek Cichy, premiers summiters de Chomolungma en hiver. En 1984, il fait l’aller-retour au Broad Peak en 22 heures.

Consacré spécialiste de l’Himalaya en hiver, il coche les hivernales du Kangchenjunga (1986), avec Jerzy Kukuczka et du Lhotse (1988) seul. Il se remettait tout juste de fractures à la colonne vertébrale, causées par une chute de pierres au Bhagirathi II et portait un corset… Ces deux ascensions hivernales ont eu lieu dans le cadre d’expéditions classiques (comme à l’Everest), mais cette fois-ci sans utilisation d’oxygène.

Solo

Krzysztof Wielicki, grimpeur rapide, prend goût au solo. En 1990, à la face est du Dhaulagiri, il ouvre d’abord sa voie avant de rejoindre la voie de René Ghilini, Voytek Kurtyka, Alex McIntyre et Ludwik Wiczyczynski, ouverte 10 ans plus tôt. Comme eux, il sort sur l’épaule nord-est.
En 1993, il trace sa voie en solo à la face sud du Shishapangma. Parti le long de la voie ouverte en 1982 par Roger Baxter-Jones, Alex McIntyre et Doug Scott, il tire à droite dans de grandes pentes qui butent sur un ressaut mixte à haute altitude. La sortie est assez loin du sommet pour imposer un long parcours à 8000.

 

Au camp de base avec Kurt Diemberger et Julie Tullis après l’ascension éclair du Broad Peak, 1984. ©Coll. Wielicki

K2, 14e 8000

Sa saison himalayenne de 1996 le mène au K2 par l’arête nord, où il bivouaque à 8400 m. Pas fatigué pour autant, il se dirige vers le Nanga Parbat, avec l’idée de faire la classique voie Kinshofer avec une équipe polonaise déjà sur place. Mais ses compatriotes ont déjà quitté la montagne. Six jours après avoir quitté Chilas, gros village-étape bâti à 1250 m dans la vallée de l’Indus sur la Karakoram Highway, il atteint le sommet,en solo. C’est son quatorzième 8000, il est le cinquième titulaire de la collection, après Reinhold Messner, Jerzy Kukuczka, Erhard Loretan et Carlos Carsolio.
Il mène ensuite une carrière de chef d’expédition, spécialité « hivernales à 8000 » : deux tentatives au K2 (2002-2003) puis 2018, une au Nanga Parbat (2006-2007), une réussite au Broad Peak (2013). Cette fois-ci, Maciej Berbeka, Adam Bielicki, Tomasz Kowalski et Artur Małec atteignent le sommet. Seuls Adam et Artur reviennent du sommet.

Le Piolet d’or Carrière vient s’ajouter à la longue liste de récompenses internationales déjà décernées à Krzysztof Wielicki.

 

Expédition hivernale au K2 2002/2003 © Coll. Wielicki