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Les éditions 2020 ont crée un précédent dans l’histoire des festivals qui se sont soudain retrouvés projetés dans la sphère du streaming et de la VOD. Mais qu’on ne confonde pas tout, nous dit Stéphane Frémond, directeur du Festival international du film et du livre d’aventure de La Rochelle. Jouer n’est pas rejouer et l’éphémère doit garder toute sa force, sans renier l’adaptation. Deuxième épisode de notre retour en festivals, du côté de l’océan. 

Ceci n’est pas un manifeste, plutôt l’opportunité d’une tribune. De prime abord le lecteur d’Alpine Mag se dira qu’il n’est pas concerné, qu’il s’agit d’un sujet réservé aux organisateurs et autres programmateurs de festival (dont je fais partie en toute transparence). Il n’en est rien ! Car c’est en grande partie les attentes du public qui orientent les choix des organisateurs en matière de format événementiel.

Au départ bien sûr, il y a l’épisode sanitaire 2020-2021 qui a clairement rebattu les cartes. Soyons honnêtes les outils digitaux nous ont souvent aidé à garder le lien avec les acteurs des « écosystèmes » de nos festivals, au premier plan desquels, les festivaliers !
Comme dans toute crise sociétale, il y a un avant et un après. Les festivals de films au même titre que de nombreux événements culturels et bien au-delà, ont souffert. Chaque festival a été éprouvé de manière plus ou moins directe et brutale, en fonction de sa périodicité, de sa forme juridique, de son modèle économique, de son format, etc. Il n’y a pas de modèle unique.

Néanmoins, pour les festivals de film ayant subi partiellement ou totalement une annulation en « présence » ; s’est posée la question du recours au « digital ». Le film s’y prête totalement, c’est une chance. La tempête sanitaire a sérieusement impacté la saison 2020 et partiellement la saison 2021. C’est dans le gros temps qu’on apprend paraît-il.
Au-delà des avaries constatées, il ressort l’impression que les organisateurs de festival ont beaucoup appris, ont vécu des expériences nouvelles au plan humain, éditorial, artistique, technique. Editions en présence mais « dégradées », éditions hybrides, éditions en ligne, etc. Avec bien souvent la plus belle des récompenses, à savoir l’adhésion du public, sa fidélité voire son élargissement. Cela suffit à justifier tous les efforts consentis !

n’y-a-t-il pas un débat qui couve
dans le petit milieu des festivals de films d’aventure ?

Mais vers où aller ensuite ? Quels enseignements tirer ? Une seule et unique réponse est impossible à l’échelle de tous les festivals. Les cas de figure divergent à l’heure du bilan. Du côté du FIFAV* – au bord de l’Atlantique – une question revient souvent depuis l’édition en ligne de 2020 et à l’approche de la 18ème édition : Y-aura-t-il des séances en ligne ? Si oui, seront-elles disponibles en replay ?

A bien y regarder, n’y-a-t-il pas un débat qui couve dans le petit milieu des festivals de films d’aventure ? Quand bien même chaque structure s’affaire à trouver la meilleure solution pour redonner vie à son événement. Du côté du FIFAV, nous optons pour une édition métisse (c’est tout de même plus joli que « hybride ») en présence et en ligne. Sur la base de choix réfléchis et assumés, qui découlent du contexte en cours à la fin de l’été dernier, à J moins 3 mois, à l’heure des « arbitrages ». Ces choix inhérents aux séances en ligne, les voici résumés :

  • Jouer des séances complètes – présentation, film, échanges – en direct pour diffuser l’esprit, l’énergie du festival, en ligne. Pas d’enregistrement.

  • Se limiter à la monodiffusion des séances en ligne (ni replay, ni VOD), car chaque séance est un événement, un éphémère, un rendez-vous « unique » visant à faire se rencontrer des publics avec des œuvres, des histoires et celles et ceux qui les créent, les vivent.

  • Cultiver les vocations du festival et les liens qui l’unissent aux ayants droits (Producteurs, réalisateurs, auteurs, diffuseurs, etc.).

  • Proposer ces séances en accès gratuit sur participation libre (appel au don).

Bien d’autres raisons, considérations seraient à énumérer, mais l’essentiel est là.

Le débat est ouvert.
Je dirais même plus : le débat est tout vert

Point de prétention à dire que le juste équilibre figure ci-dessus ! Peut-être vais-je « encore passer pour un vieux con » comme dirait l’autre. Oui il faut vivre avec son temps. Pour autant les thématiques de ces festivals qui nous sont chers – Voyage, aventure, exploration, découverte ou plus globalement Nature, culture, aventure – nous invitent à nous questionner en permanence quant à certains fondements éthiques ; qui d’ailleurs ne cessent de nous renvoyer face à nos propres contradictions ! C’est peut-être là toute la richesse de ces festivals. Je ne me pose pas en gardien du temple car j’aurai toujours à balayer devant ma porte…

Simplement, je soulève certaines questions : Les festivals pourront-ils se passer du digital à moyen terme ? A défaut, sauront-ils en faire un usage « raisonnable » ? Finalement, doivent-ils occulter, user ou abuser du digital (streaming, replay, VOD) ? Le débat est ouvert. Je dirais même plus : le débat est tout vert (au sens de la maturité).

Pour l’heure, que la fête (re)commence en présence ! Car les festivals en sont les premiers faire-valoir…

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