Jeu de mort sur l’Eiger

Quand Clint Eastwood gravissait l'ogre

Que le cinéma rencontre la montagne est chose courante. Que Clint Eastwood gravisse l’Eiger l’est un peu moins. Que Messner lui-même lui donne ses conseils est improbable. Et pourtant. Retour sur un film, la Sanction, (1975), qui a tout d’un OVNI dans le petit monde du 7e art alpin.

Dans la littérature de montagne, il y a les récits d’ascensions, les biographies, les réflexions plus ou moins philosophiques, plus ou moins lourdingues ou convenues, que l’on tisse à partir de ses expériences en altitude. Et il y a la fiction. L’on connaît (trop), en la matière, l’œuvre de Roger Frison-Roche, qui sent un peu la naphtaline et qui pêche un chouïa par niaiserie ; le reste est, souvent, plus méconnu. Il semblerait que, chez les grimpeurs, l’on préfère le vécu aux narrations imaginaires ; le goût du récit se disant « vrai », de l’histoire « réelle », permettrait ainsi de vivre la lecture avec davantage d’émotions, de sensations. Peut-être aussi – surtout ? – que le roman se prête moins au voyeurisme.
Toujours est-il que l’on aurait tort de se cantonner aux seuls récits d’expériences vécues dans la chair. Le roman de montagne n’est pas forcément synonyme de balourdise romantique ou de drame englué dans le pathos. Le penser serait prendre le risque de passer à côté de belles choses, au premier rang desquelles figure un petit chef-d’œuvre : La Sanction. Publié en 1972, il est signé de Trevanian, pseudonyme d’un Américain auréolé de mystère qui livrait

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