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Tout le monde en a une, ou plusieurs, chez soi. Il y a 40 ans, la polaire a remplacé la laine : aussi chaude que celle-ci, la polaire est hydrophobe, résistante au vent, respirante et douillette, une combinaison idéale en montagne. Mais comment la polaire, qui a changé la vie des pratiquants, a-t-elle été créée ? Voici la petite histoire d’une grande invention.

Tout le monde, les pêcheurs, les marins, et tous les passionnés de rando, de montagne que nous sommes, en a déjà porté une. La polaire s’est imposé très vite dans les années 80 comme une révolution thermique : fini la chemise à carreaux ou le pull en laine à la Rébuffat, chaud mais dans lequel les anciens transpiraient avant de grelotter à la première averse. En 1981, la polaire est inventée par l’entreprise américaine Malden Mills, connue aujourd’hui sous le nom de Polartec. Cela fait donc pile 40 ans que la polaire est née, un produit du quotidien des amateurs de montagne, c’est-à-dire un produit dont aujourd’hui on ne saurait se passer, au même titre que la frontale ou la fixation à inserts de ski de rando.

Pub Lowe Alpine Polartec. Avec une influenceuse de 1994.

Pub Think Pink. 1993, la légendaire marque californienne utilisait Polartec pour ses polaires.

De la laine à la « fiber pile »

La polaire a beaucoup évolué depuis, mais cette révolution de l’habillement ne s’est pas faite en un jour. Comme toute idée géniale, qui s’impose rétrospectivement comme une évidence, la « fourrure polaire » était dans l’air depuis les années 50, une idée possible depuis l’avènement de la fibre polyester. Au début des années 60, les Norvégiens de Helly Hansen imaginent la « fiber pile », un tricot qui a un aspect pelucheux, pensé pour les marins qui sont les premiers à devoir supporter des lainages trempés – donc lourds et inefficaces, comme les amateurs d’alpinisme à l’époque. C’est un premier pas vers la chaleur et la respirabilité. Mais le tissu n’a qu’une face, laisse passer le vent, n’est pas confortable : les ingénieurs de ce qui va devenir Polartec ont l’idée de fusionner deux techniques pour créer un nouveau tissu double face qui va tout changer. La « fourrure polaire » est née, sous le nom de Polar Fleece.

Sans casque mais avec une polaire, Sylviane Tavernier l’une des premières femmes guides à l’ouverture de la goulotte Petit Viking, en 1984 

En polaire, avec ses logos sponsors, Patrick Gabarrou, lors de son enchaînement des 7 faces nord du massif du Mont-Blanc en 1988.

Un succès planétaire

Comme la laine, la polaire est chaude, mais contrairement à celle-ci, la polaire est douce au toucher, molletonnée, résistante au vent et last but not least, hydrophobe. Les deux faces du tissu permettent la respirabilité et l’isolation, gardant la chaleur tout en évacuant l’humidité. En inventant la polaire, Polartec fait changer l’habillement complet des montagnards, skieurs, et des marins. C’est un carton en magasin, avec des modèles emblématiques comme la Snap-T de Patagonia en 1984, dont le tissu polaire est élaboré par Malden Mills. La révolution de la polaire s’accompagne d’une rupture dans le style et les couleurs : on abandonne le rouge et le bleu, pour adopter les couleurs flashy et les coupes amples, exactement les codes qui reviennent à la mode aujourd’hui, mais pour une utilisation urbaine ou lifestyle.

la polaire est douce au toucher, molletonnée, résistante au vent et last but not least, hydrophobe

Le succès de la polaire est planétaire : en 1991, Time Magazine classe la Polar Fleece de Polartec parmi les 100 inventions les plus importantes du XXème siècle. Dans les magazines, des alpinistes « turbo » comme Christophe Profit ou Patrick Gabarrou s’habillent en polaire, avec des empiècements aux logos de sponsors. Comme eux, l’alpiniste à la mode à la fin des années 80 est vêtu d’une ou deux polaires rose, violet ou jaune, un collant ou un pantalon de ski selon la saison, des chaussures coque plastique fluo, un bandeau sur les oreilles… et sans casque, ce qui est bien pour boire un verre en terrasse au Choucas mais moins bien pour passer les rimayes sans risque.

La fourrure polaire adoptée par les Inuits ! Pub Polartec par Malden Mills, 1991

Pub Polartec en 2012.

Du recyclage depuis 1993

Depuis, la polaire est devenue l’un des produits les plus copiés au monde. Mais Polartec n’en reste pas là. Bien avant la prise de conscience du changement climatique, et les années 2000 où le réchauffement devenant un phénomène mondial, Polartec a commencé à recycler dès 1993 des bouteilles plastiques pour fabriquer de nouvelles vestes polaires. Depuis, c’est 1.8 milliards de bouteilles plastiques que Polartec a ainsi réutilisé et transformé pour fabriquer 45 millions de polaires ! Aujourd’hui, la différence entre l’original Polartec et la copie se trouve également dans la faculté qu’a Polartec de produire plus de 65% de ses tissus à partir du recyclage de bouteilles plastique. Les best-sellers de la marque, Power Dry, Alpha, Thermal Pro ou encore le dernier né Power Air sont disponibles en version 100% recyclés.

 

Polartec a ainsi recyclé 1.8 milliards de bouteilles plastiques 

Power Air, le nouveau-né de la gamme Polartec

La marque n’a cessé d’inventer : en 1998 Polartec crée la softshell avec le Power Shield qui est une nouvelle catégorie de vêtements outdoor suffisamment résistants aux intempéries – vent et averses – pour répondre à la majorité des conditions. D’où l’expression « prends une softshell », passée comme la polaire dans le langage courant ! Vingt ans plus tard, Polartec invente le Power Air : issu du programme Polartec Eco-engineering, cette technologie de tissage est conçue pour réduire la perte des fibres. Au fil du temps, les polaires ont tendance à perdre des fibres : c’est fini avec une technique d’encapsulage des fibres qui limite à 80% la déperdition de celles-ci au fil du temps. Moins de microfibres dans la nature, et de micro déchets qui finissent dans les océans. Il n’y a pas de hasard : la technologie est dans l’ADN de la marque, et Polartec continue d’habiller tous les pratiquants.

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