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Doug Scott, l’un des plus grands alpinistes du XXème siècle, est décédé il y a un peu plus de six mois, le 7 décembre 2020. Le britannique fit la première de la face sud-ouest de l’Everest en 1975, puis devint le chantre du style léger sur les plus difficiles sommets du globe. Encordé pendant deux décennies avec la fine fleur de l’alpinisme mondial, Doug Scott a survécu à une nuit à 8750 m. et à un terrible accident sur l’Ogre, au Pakistan. « Ce que Doug a fait, aucun alpiniste d’aujourd’hui n’aurait pu l’accomplir », raconta son compagnon de cordée Chris Bonington. Le Chamonix Film Festival rend hommage à Doug Scott le samedi 12 juin, avec la présence de Victor Saunders et Andy Parkin.

Ironiquement, l’image la plus connue de Doug Scott le montre à genoux, en train de ramper sur le Baintha Brakk. Un homme qui lutte pour sa survie sur un sommet fantomatique, également appelé l’Ogre, avec la silhouette de son compagnon de cordée en arrière-plan. Doug Scott a survécu à l’enfer de l’Ogre, et même à un bivouac à 8700 mètres sur l’Everest. L’un des plus grands alpinistes du XXème siècle est plus connu pour ses deux épisodes de survie que pour ses ascensions. Prof d’histoire-géo, Doug Scott démarre sa carrière sur les chapeaux de roues : après deux expéditions dont une en Afghanistan sur le Koh-i-Bandaka, sommet qui inspirera quelques années plus tard Voytek Kurtyka, Scott se consacre à des expéditions d’ampleur. Après une ascension précoce de la tour Asgard à Baffin, repéré par Chris Bonington, sa seconde expédition en Himalaya est un coup de maître, avec la première du Changabang en Inde, en 1974, avec Dougal Haston.

L’année suivante, Doug Scott est encore recruté par Bonington pour un très gros morceau qui résiste à toutes les expéditions : la face sud-ouest de l’Everest et ses 1700 mètres qui dominent la combe ouest, de 6100 à 8800 mètres. Après des semaines d’équipement de la paroi, Haston et Scott sont choisis pour terminer le job. Le 24 septembre, les deux hommes se photographient près du tripode laissé par les chinois au sommet, il est 18h. Le temps de revenir au sommet sud, il fait nuit noire, et gèle à pierre fendre. Les deux hommes passent la nuit dans un trou dans la neige, délirent mais s’en tirent sans aucune gelure. Doug Scott en ressort persuadé de survivre à n’importe quel bivouac dans n’importe quelle condition. L’avenir va lui donner cruellement raison. (…)

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