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L’été dernier, Tiphaine Dupérier, Boris Langenstein, Aurélia Lanoé et Guillaume Pierrel ont réussi le Gasherbrum II, 8035 m avant de skier du sommet pour descendre le long de l’éperon ouvert par l’équipe française de 1975. « Bon sang, on est encore en vie ! » s’exclament-ils au pied du géant, heureux d’avoir bouclé cette aventure sur les traces de Louis Audoubert et de ses compagnons. Guillaume Pierrel en a tiré un film, O’Parizad, pour saluer les pionniers qui exploraient les Alpes et le Karakoram dans les années 70. Il nous emmène vers ces histoires de cordées, liées par l’inspiration et la passion de la montagne entre les générations. Voici la deuxième partie de son récit. 

11 juillet, le jour du sommet ! Ce jour-là, j’ai peur de me geler les pieds. Une congère s’est formée devant la tente, le réchaud est tout givré et le temps de le remettre en route, l’heure tourne. Tiphaine et Boris partent, tandis qu’Aurélie et moi n’avons toujours pas fait fondre assez de neige pour faire de l’eau.

La flamme est vacillante, le réchaud fonctionne mal, et prend énormément de temps. Pire, dans l’entrée je renverse un pot d’eau sur mes chaussettes, qui sont trempées ! Nous sommes à 7350 m, c’est la catastrophe mais nous partons quand même. Au bout d’un quart d’heure je ne sens plus mes pieds, j’ai beau taper des pieds je sens que je vais perdre mes orteils si je continue. Je jette mon sac, redescend à la tente.

Dans la tente je pleure de douleur, et de rage, j’ai fait tout ce chemin et je risque de perdre mes orteils, et bien sûr de devoir rester là sans tenter le sommet. J’ai vraiment envie d’aller poser mes spatules à 8000 mètres, mais je veux ramener mes orteils. (…)

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