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C’est un road-trip vertical. Une histoire de montagne et de course. Dans les Alpes italiennes, vivrait un peuple de trotteurs-sur-crêtes. Des compétitions les réunissent souvent discrètes, toujours intenses. Point commun : zéro flonflon. Composition : gaz, roche et D+. Les meilleurs mondiaux viennent, voient, et repartent. Le gout du sang aux lèvres. Entre ciel et terre, nous sommes donc partis en quête. Plantons le décor dans ce premier épisode de nos explorations italiennes. 

La carte est claire : l’Italie est terre de lacs. Trois mers intérieures y tranchent les Alpes, Maggiore-Como-Garda. Enfoncée, ma flaque du Bourget. Le bleu tapisse et mate les cimes de Trentin, Lombardie et Vénétie. Cette géo-poésie confirme ma nullité lycéenne. Mais tout n’est pas perdu, car aux besogneux la culture reconnaissante : une obsession inoculée un soir d’octobre, et débutent alors 6 mois d’allers-retours et autres milliers de bornes. La légende ? Sur les flancs de Come et Garde, des gens courent. Sauf qu’ils montent haut, pour redescendre vite. Sauf que « normalement », il n’y a pas de chemin. Mieux : ça se défie le dimanche. Et puis ça rentre chez soi. Mondial, et local. Italie des Alpes, tu viens de nous gober. Nous partons penduler.

Trofeo Kima. ©Maurizio Torri /Sportdimontagna

« Skyrunning » : vivre la montagne, tout simplement.

Et la montagne, Marino Giacometti connait. Dans les années 1990, l’alpiniste italien n’a cure de la tradition. Son jeu consiste à monter – en courant – là où l’on croise crampons et cafistes ; éprouver la pente, tâter du pieds-mains si besoin, et redescendre raide.

Technicité, verticalité, minéralité : liberté.
Personne n’a dit inconscience ; ne s’y lance pas qui veut.

Technicité, verticalité, minéralité : liberté. Personne n’a dit inconscience ; ne s’y lance pas qui veut. Mont Blanc, Mont Rose, Cervin, Aconcagua…un plan simple et une épure, au moment où l’alpinisme devient course à la perf’. De course, il est toujours question, mais cette celle-ci revient aux sources. Elle est piquante et sobre, intense et personnelle. Physique, cœur, jambes, poumons, acuité, réflexes. Ses parcours abiment le cœur plus que les chaussures. Mais chose rare, son âme est bien plus profonde qu’une course…à l’exploit : toujours plus haut ? on s’en moque.

Plus technique ? Si ça vous chante. Trouvez votre cime, votre altitude expressive. Grimpez fort, sentez le vide, éprouvez la crête et le pied précis. Trottez 10 ou 40K – mais trottez pour vous. Passez 1800m mais dévalez en plein ciel.

En bref, vivez la montagne comme on la parcours depuis des siècles de quotidien. Les circuits naissent, viendra la FSA, puis l’ISF, puis les Skyrunner World Series. Une Sportiva elle aussi chimiquement alpine, regroupera à son tour des perles ; sauvant une façon historique de courir. A deux pas de l’hexagone.

Grigne Skymarathon ©Maurizio Torri /Sportdimontagna

LedroSky ©Maurizio Torri /Sportdimontagna

Été-hiver, balancier fondateur.

« Skyrunning ». En France, quelques épreuves conservent la flamme ; mais l’estampille n’est pas la meilleure. Nous courrons en montagne depuis longtemps, et bien avant « off » et trail.

Un Nid d’Aigle survit, un cross du Mont Blanc s’est envolé, et les Pyrénées fument de courses historiques. Côté helvète, on les connait mieux ces dimanches eighties où l’on venait s’arracher. On y retrouve encore Maurice X., Wolfgang Z. et les autres : les ados mirent, les vieux admirent. On parle même de légendes – locales.

Mais le temps file, et passent les années 2000 ; la chose trail running apparait et va consacrer ibériques, français et athlètes de l’arc alpin. Et italiens. Entre niveau exponentiel et ultra-course à l’échalote, le miracle transalpin va illuminer l’endurance montagnarde.

En 2021, skieurs l’hiver, coureurs l’été, les plus grands sportifs organisent toujours l’agenda alpin à coup de retrouvailles. Ils s’appellent Pélissier, Brunod, Pivk, Magnini, Maguet, Götsch, Minoggio. Mais au-delà du score, un lien unit ces champions : la compétition, c’est d’abord aimer courir chez soi. Adorer trotter le mont d’en face. Racines et régularité heureuse ; ainsi s’exprime une jolie vision montagnarde. Il n’y a pas de petites courses, et Lecco nous le chante le 1er mai.

Grigne Skymarathon ©Maurizio Torri /Sportdimontagna

Come et Garde : tarmacs lacustres pour course au ciel

Non, le Trofeo Dario E Willy n’aura pas lieu, mais quelle découverte. L’O.S.A Valmadrera est de ces humbles pugnaces, qui font vivre la course.

Non, les meilleurs athlètes ne se retrouveront pas le 1er mai 2021 ; on y a cru jusqu’au bout, mais le plan est noté.

Dario E Willy ? pas un sitcom mais un 24K. C’est peu, nous direz-vous. C’est suffisant, nous répondrons-vous ; car il faut être architecte et magicien, pour avoir inventé tel lieu et son parcours. Le lac de Côme clapote joliment qu’il faut presque le quitter ; 2010m à avaler, record autour de 2h23’, la messe est dite ou presque : Côme est célébrissime mais Dario E Willy fait mieux, en mirador intégral sur les lacs de Garlate et Di Annone. Lecco nous observe d’en bas, et nous observons Lecco.

1er mai « off » sur la trace de ce Trofeo, introduction poétique à ce running-trip soliste ; nous ne fêterons ni le travail, ni l’Internationale Socialiste. Nous courrons de gemme en joyau. Chut.

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