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Non, je ne suis pas encore assez entraîné pour le Dawn Wall, le vrai, celui d’El Capitan et des exploits de Caldwell et Ondra. Le dawn wall dont je parle ici, c’est le mur de l’aube que j’ai rencontré l’autre jour. La lune était planquée derrière un nuage comme effacé par un coup d’éponge. Regel satisfaisant, mais l’état du bonhomme l’est beaucoup moins. Et puis une fois avalée la traversée du glacier du Tour, nous nous sommes rencontrés, elle et moi. Enfin, l’Aiguille du Chardonnet. Pleine de ce mystère que retiennent les montagnes à l’aube, ou quelques minutes avant celle-ci. Le silence, les séracs figés, les crampons qui crissent sur le glacier.

Le mal des rimayes ne s’est pas invité, même s’il reste cette grande part d’inconnu que l’on vient chercher.

L’aube n’était pas encore là, mais elle arrivait à grand pas. L’oeil jauge la montagne, la distance, le dénivelé, les passages que l’on ne voit pas encore mais qui se devinent tout là-haut. Le mal des rimayes ne s’est pas invité, même s’il reste cette grande part d’inconnu que l’on vient chercher. Des éclats de glace scintillent déjà, à moins que ce ne soit des filets de quartz dans le granite : tu ne le vois pas vraiment sur la photo ci-dessus, mais ils y étaient, comme cette ambiance entre chien et loup. Nous avons grimpé, et le mur de l’aube s’est envolé.

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