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La Réunion, ses plages, ses paysages et son soleil… Dans Basalt Island, Benoît Regord (Air Libre Prod) et Albéric Lemercier, moniteur d’escalade et de canyon nous montrent une terre de grimpe qui regorge de falaises atypiques ! Des orgues basaltiques nouvellement équipés aux blocs de très haut niveau par la Française Oriane Bertone, les deux réalisateurs grimpeurs nous embarquent pour un voyage insoupçonné. Voici l’interview des réals avant la première, le 14 juin au Chamonix Film Festival.

Benoît, le film documentaire n’est pas votre métier à la base. Le succès de votre film L’Escalade Libérée  a-t-il été une motivation pour vous relancer dans un nouveau projet ?

Benoît Regord : J’ai une boite de production, Air Libre Prod, avec laquelle je fais des films touristiques, institutionnels et promotionnels avec une spécialisation drone. Je travaille notamment beaucoup avec les télévisions, pour des fictions par exemple. L’Escalade Libérée était mon premier documentaire personnel et cela faisait un moment que j’avais envie de faire ça. Albéric Lemercier était venu me filer un coup de main sur L’escalade Libérée, et on a eu envie de faire un autre documentaire. Puis un jour, il est venu me voir avec des photos de falaise… et m’a dit « C’est bon, on fait un film là-dessus » !

Albéric Lemercier et Benoît Regord

Parlez-nous de ces photos qui ont été le point de départ du projet.

Albéric Lemercier : Le sujet est arrivé un peu comme une blague, autour d’une photo reçue par des amis et de falaises nouvellement équipées à La Réunion. Le Covid a eu cet effet positif de pousser les grimpeurs locaux à aller équiper des nouvelles voies, étant donné qu’ils étaient confinés sur l’île. Car d’habitude, ils vont grimper à l’étranger, à Madagascar ou en Afrique du Sud. Quand j’ai reçu des images de ces orgues basaltiques qui sont vraiment emblématiques et caractéristiques de la géologie de l’île, je les ai trouvées très esthétiques.

B. R : C’est une falaise [Gorge de la rivière Bras de la Plaine, visible dans le film] noire de basalte, avec des orgues basaltiques qui sortent. Les photos sont assez impressionnantes et on s’est dit que ces lieux doivent être montrés et filmés. Alors pourquoi ne pas en profiter pour montrer ce qu’est l’escalade dans son ensemble à La Réunion, et raconter une partie de l’histoire de la grimpe sur l’île ?

Votre film a plusieurs objectifs ?

A. L : Quand on vient à La Réunion, on pense à faire de la randonnée ou de la plongée, mais pas forcément à grimper, parce qu’il fait chaud et humide. L’un des objectifs du film est d’inviter les visiteurs de l’île à grimper. Aussi, la majorité des Réunionnais ne sont quasiment pas au courant de l’escalade sur l’île et du niveau atteint par les grimpeurs locaux. J’aimerais donc aussi qu’un jour le film soit diffusé sur une chaîne réunionnaise, pour que les habitants prennent conscience de ce qu’il se passe chez eux en terme d’escalade. On avait aussi envie de présenter des gens de l’île qui se sont formés à l’escalade, pour aussi montrer que ce n’est pas qu’un sport de métropole.

B. R : On a également voulu représenter la Réunion telle qu’elle est. La diversité des paysages est étonnante et on passe parfois d’un endroit tropical à une zone qui ressemble aux Alpes pour arriver vers le volcan, presque lunaire. J’avais envie aussi à travers ce documentaire de montrer cette diversité, et donner envie à un large public de voir le film.

©Basalt Island / Air Libre Prod

©Basalt Island / Air Libre Prod

©Basalt Island / Air Libre Prod

Les paysages sont magnifiques, mais à quoi ressemble concrètement l’escalade à La Réunion ?

A. L : À la base, La Réunion n’est pas une île faite pour l’escalade. Le basalte, ça glisse beaucoup et il fait chaud, humide. Les conditions ne sont pas forcément celles auxquelles un grimpeur peut s’attendre et pourtant, il y a une grosse communauté active et à haut niveau, aussi en compétition. La falaise Bras de la plaine est un endroit d’accès difficile, il faut marcher 1 heure pour arriver au pied des voies. Elles sont nombreuses et sportives : les jeunes adorent ça, c’est typé compétition et athlétique.

Y a-t-il encore des falaises à découvrir là-bas ?

A. L : Il y a encore beaucoup de falaises vierges mais celles fréquentables en terme de qualité de rocher ne sont pas si nombreuses, et les accès vont se compliquer. Pour le moment on a équipé ce qui est le plus facile d’accès, pour permettre au plus grand nombre de pratiquer. Mais tout cela donne un nouveau souffle à l’escalade sur l’île : les falaises sont difficiles à aller chercher, mais l’île est aussi très riche de blocs.

Donc à La Réunion, ça grimpe et bien !

A. L : Depuis une vingtaine d’année, La Réunion organise quasiment tous les ans une épreuve de championnat de France de Bloc. Au niveau fédéral il y a un vrai projet d’aller au-delà du pôle espoir, qui a de beaux résultats en compétition et qui montre le potentiel des clubs de La Réunion. On voit dans le film Oriane [Bertone] qui était sur la Coupe du Monde à 15 ans chez les adultes et qui est arrivée seconde sur une épreuve du championnat du monde de bloc à Séoul [du 6 au 8 mai 2022]. J’ai voulu essayer de comprendre pourquoi cette petite île isolée qui n’avait rien pour plaire en terme d’escalade avait permis une telle réussite !

Propos recueillis par Sigried Fauchon. Ce film a reçu le soutien du FODACIM

Basalt Island, 26 min, un film d’Albéric Lemercier et Benoît Regord, avec Greg Sobczak, Luciano Maillot, Oriane Bertone.

Voir le teaser

Le film sera diffusé au prochain Chamonix Film Festival, le mardi 14 juin à 20 h (Cinéma Vox)

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