En 1986, le K2 a concentré tout ce que l’himalayisme des années 1980 a de plus grand et de plus tragique. La première de la Magic Line par un trio polono-tchécoslovaque, la voie nouvelle de Kukuczka et Piotrowski en face sud, et la première femme au sommet, Wanda Rutkiewicz. Trois exploits majeurs, presque aussitôt rattrapés par le drame. Treize alpinistes disparaissent cette saison-là sur la « montagne sauvage ». Quarante ans plus tard, l’année noire du K2 évoque un alpinisme de pointe, porté par une ambition immense, parfois visionnaire, et qui se payait au prix d’une prise de risque extrême.
Dans la nuit noire du 3 au 4 août 1986, trois hommes descendent du sommet du K2. Ils viennent de réussir l’une des lignes les plus convoitées du Karakoram : la Magic Line, cette arête sud-sud-ouest évidente, rêvée par Reinhold Messner. Longtemps considérée comme impossible, on ne voit
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