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Notre test

La Gignoux Mountain est une chaussure exceptionnelle en carbone au poids qui est quasiment celui d’une chaussure de trail running (on exagère à peine) : 750 g ! Sur la neige, c’est franchement bluffant, on ne la sent pas aux pieds, pas la moindre inertie sur l’avant : une vraie plume.

On pourrait croire que cette chaussure est limitée en skiabilité, « forcément, vu le poids ultra light ! ». Ce n’est pas du tout le cas. C’est le meilleur rapport entre le poids et l’efficacité de la catégorie. On sent d’emblée une extrême rigidité de la semelle. Quand on marche, on vit immédiatement l’effet carbone, la sensation d’être dans un cockpit de voiture de course. Carbone à tous les étages, ce qui peut justifier le prix qui atteint des sommets.

Ce qui est étonnant, même si ce sont des cockpits de course très proches du pied, c’est que ces Gignoux Mountain restent confortables. Lors de cet essai, nous n’avons pas ressenti de points durs même si la coque est présente. On pensait glisser nos pieds dans une chaussure extrême dans laquelle on subit. La toe box est bien étudiée car elle laisse de l’espace aux orteils. Détail en passant, on transpire beaucoup dans cette Gignoux Mountain.

La tenue du talon, son pincement, rien à redire de ce côté. En descente, on bénéficie de pas mal de volume sur l’avant, selon la morphologie de son pied, on peut perdre un peu de précision. Mais en angulation, en appui languette, là, on a tout le potentiel de la Gignoux Mountain : elle transmet direction la moindre impulsion. On peut même carver, envoyer les pieds loin à l’extérieur, doser la carre avec une précision millimétrique. C’est vraiment agréable car la transmission est instantanée !

L’autre gros point positif concerne ce que l’on appelle le point dur, ce moment où en flexion avant, la chaussure se rigidifie pour bloquer le skieur et transmettre l’appui. L’arrivée de ce moment sur la Gignoux Mountain n’est pas brutale. Ce n’est pas binaire mais plutôt : on vient en flexion, la chaussure commence à fléchir un peu, elle se rigidifie progressivement jusqu’au point dur pour imprimer ensuite toute l’énergie au ski. Cet instant est très enthousiasmant. Nous n’avons pas noté de grande pression et de douleur sur l’arête tibiale.

Un autre sujet de satisfaction vient du levier arrière. Il a l’air très basique, on le pousse il se met en position descente, on le tire et l’on est prêt à monter. Le passage de l’un à l’autre prend une demie seconde, le tout avec une super efficacité. On en vient à se demander pourquoi les autres marques proposent des machines à gaz qui souvent se coincent et ajoutent inutilement du poids ?

Par contre, comme on se trouve projeté dans l’univers d’un cockpit de course, un proto pour faire simple, on remarque des rivets qui apparaissent, des cordons, des pièces qui font « petite série ». On est dans du sur mesure, de l’artisanat sportif high tech. C’est à la fois magnifique et un peu bricolé mais l’efficacité est complètement démente.

On n’en finit plus d’être bluffé par cette Gignoux Mountain : elle est aussi facile à chausser. Il y a un système de tuilage de straps, velcros, lacets à fermeture rapide, le zip par-dessus tout ceci, plus une petite mollette à tourner pour fermer le collier. Ça prend du temps mais ça marche.

C’est une chaussure qui « marque », au sens propre. Les coups de carres se voient assez rapidement. Quelle est la longévité de ce type de produits ?

À la montée, là encore (et surtout !), la Gignoux Mountain est exceptionnelle. On ne la sent pas aux pieds et le débattement est sidérant. Bref, c’est la vraie belle chaussure que l’on a rêvée. Pas de discussion, elle mériterait un award même si, comme le dit la blague, il faut emprunter sur dix ans pour l’acheter. La chaussure de tous les superlatifs.

Caractéristiques techniques

POIDS CHAUSSURE 750 g en taille 26 chausson inclus PRIX PUBLIC : 1850 € 

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Précision
Passage ski/montée
Serrage/Bouclerie

Accroche semelle

 

Prix

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