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L’an passé, la Salomon S/Lab Pulsar avait séduit. Cette année, la marque lance la version Soft Ground (SG) dont l’usage correspond plus à une utilisation trail que la première, orientée route. Selon la marque, la SG cible les terrains meubles et boueux. Selon nous, elle peut répondre à beaucoup plus de missions (et notamment sur portions de route ou pistes).

Au premier coup d’œil, pas facile de s’y retrouver entre les deux modèles. Pourtant, des distinctions sont bien réelles. On note d’abord un pare-pierres nettement plus prononcé sur la version SG. Puis les données techniques donnent un poids différent et un dosage du drop de 6 mm variable : 175 g (en 42 2/3) et un drop de 24,5 à 18,5 pour la Pulsar, 193 g et un drop de 27,5 à 21,5 pour la SG.

Les deux chaussures ont, à la base, le même ADN. On maintient pour la Pulsar SG qu’elle dispose d’un amorti très net – on y reviendra – et la sensation d’avoir sous le talon une zone bombée avec pas mal de roulis : la chaussure est très « pincée » sur l’arrière, avec une faible surface au sol.

 

Une formule 1 dotée d’un amorti…

Sur le terrain, cette Salomon S/Lab SG est un produit très léger, atypique dans le sens où il donne des sensations de chaussure de route en trail running. Cette SG ne peut pas être utilisée dans les profils très techniques mais elle permet d’aller très vite sur les parties roulantes.

Pour le reste, la S/Lab Pulsar et la SG sont semblables. La Pulsar est d’abord la chaussure que Kilian Jornet a utilisé pour son record sur Sierre Zinal en 2019. Mais ce n’est pas parce que Kilian bat un record…ou non – on l’a vu avec la tentative avortée des 24 heures Phantasm – que le produit est forcément bon.

La chaussure est magnifique de fluidité et le travail d’assemblages de matériaux est superbe : une seule couture à l’arrière, tout le reste est traité d’une seule pièce, comme un fin chausson. L’ensemble est clairement inspiré par un minimalisme minutieux : chaque gramme a été chassé, chaque détail scrupuleusement pensé (remarquez l’absence d’œillets pour le lacet). Même si c’est la tendance générale dans les chaussures haut de gamme, Salomon marque des points par rapport à certaines Hoka One One en terme de finitions. Mais disons-le franchement, malgré l’usage d’un mesh Matryx à base de fibres kevlar, on doute d’une longévité importante. L’ensemble est peu renforcé et il faut considérer que la chaussure a été créée pour des profils peu techniques et la haute vitesse. On a vraiment aimé son pep’s qui donne envie de développer une foulée aérienne, d’accélérer et finalement de se dépasser. Nous avons également apprécié le drop de 6 millimètres, une cote très cohérente pour ce type de produit.

L’autre point qui frappe, c’est cet amorti évoqué en intro. C’est presque une révolution après la série des Sense qui demandait à être courue sur l’avant pied. Là, on peut faire des erreurs de placement : ça tape beaucoup moins, c’est confortable, ça filtre sans perdre d’énergie. On se trouve donc sur un produit pas forcément exclusif. Nous avons même fait plusieurs séances de route avec cette chaussure, ce qui nous a amené à écrire que pour certains triathlons, elle est tout à fait recommandable. 

 

… Plutôt pour les coureurs « fore foot »

Pas facile à chausser, mais avec un peu d’habitude et sans avoir de cou-de-pied fort, le pied se faufile. Le Quicklace est très efficace – il faut simplement des doigts de gynécologue (!) pour entrer le surplus de lacet dans la minuscule pochette sur le sommet du chausson (il n’y a pas de languette). Ceci fait, on se sent comme dans des pantoufles, doté d’une seconde peau. La question de la chaussette se pose : très fine voire absente pour ceux qui auraient la bonne idée d’utiliser la chaussure sur certains parcours de triathlons nécessitant de l’accroche (Xterra par exemple).

La chaussure est comme un vélo : assez instable à l’arrêt mais très équilibrée une fois lancée. On s’explique : Salomon continue de proposer des arrières ultra fins (à peine plus large que le pied) qui créent une instabilité si on vient les chercher systématiquement en appui talon. Par contre, si on déroule médio ou « fore foot » (*), on bénéficie du bon appui au sol devant et d’un effet dynamique qui fait disparaitre le roulis.

 

BILAN

Ce modèle peut sembler être une chaussure réservée à une élite, ce n’est pas le cas : on peut la courir à quasiment toutes les allures et sans aptitudes particulières. Malgré l’absence de mousses de confort, nous n’avons pas noté d’échauffements ou de gêne. La respirabilité est bonne – on a curieusement noté que la transpiration apparaissait au niveau des deux mini bossages (internes) de confort autour des chevilles – mais attention, il ne faut pas s’emballer sur le grip et la rigidité en torsion a également ses limites.

La liste des qualités des Salomon S/Lab Pulsar et SG est longue. La SG conçue pour aller (très) vite sur des terrains peu techniques revendique un amorti affirmé, une grande précision, un fit d’exception, un dynamisme enthousiasmant, une construction minimaliste superbe. Ses faiblesses ? Son accroche et son chaussage qui demande de l’attention.

* * * *

Courir « fore foot » : courir sur l’avant-pied, plutôt que d’attaquer talon et ensuite dérouler. Ceci permet de bénéficier de l’amorti naturel de l’avant-pied et du mollet : la proprioception est meilleure et l’on minimise les douleurs aux genoux et au dos.
Mais attention, courir « fore foot » est technique, et la plupart des coureurs à pied attaquent du talon, puis déroulent. Les chocs sont dans ce cas transmis directement via tibia/péroné aux genoux, lombaires et cervicales : l’amortissement par le corps est réduit.
Si courir « fore foot » est conseillé, apprendre peut provoquer des blessures aux mollets mal entrainés ou préparés. Les chaussures à drop zero sont aussi moins adaptées à cette technique.

Caractéristiques techniques

POIDS CHAUSSURE 193 g en taille 42 2/3 PRIX PUBLIC : 180 € DROP 6 mm (27,5 / 21,5)
CHAUSSANT : Medium
FOULÉE : Universelle

+

Maintien du pied
Qualité amorti
Pare pierres

 

Accroche
Assise au sol

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