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Simone Badier, première de cordée Hommage

Née en 1936, Simone Badier s’est éteinte en mars dernier. Elle était l’une des premières femmes alpinistes à s’imposer dans les années soixante, dans un milieu alpin très masculin. Claude Gardien rend hommage à cette fantastique grimpeuse en avance sur son temps.

Au printemps 1969, quand j’ai fait mes débuts en escalade sur les calcaires de mon pays, la Bourgogne, mes mentors me parlaient d’une femme qui avait parcouru en tête de nombreuses voies difficiles dans le Vercors, la Chartreuse et les Dolomites. Elles n’était pas nombreuses, les filles qui se frottaient à de telles escalades, et surtout, elles passaient rarement devant… Simone Badier aimait nos falaises, et je fis sa connaissance un an plus tard, sur les rochers de Fixin, une ancienne « école d’escalade », comme on disait, toute proche de la maison, juste au-dessus d’un beau village de vignerons.

C’était une jeune femme souriante au regard pétillant, et on ressentait tout de suite son bonheur de grimper. Sa jeunesse avait été studieuse, et elle enseignait déjà la physique à l’Université d’Amiens quand elle découvrit l’escalade à Fontainebleau. Elle fit de rapides progrès, tout en affirmant d’avoir pas été spécialement douée pour cette activité qui devint sa grande passion.

A ses débuts dans le Vercors. ©Archives Badier.

Simone Badier.

Première de cordée

En 1966, à trente ans, elle part dans les Dolomites avec son compagnon habituel Daniel Joye, un très bon grimpeur qui avait décidé de lui laisser la place de leader car il avait une fâcheuse

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