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La Meije dans les Écrins, le Granier en Chartreuse ou encore les Drus dans le Mont-Blanc, ces montagnes ont en commun une histoire ponctuée d’éboulements. À un moment donné de leur histoire géologique, ces géants minéraux se sont effondrés. Lionel Favier, chercheur à l’Institut des Géosciences de l’Environnement et membre de l’Association Montagnes et Sciences observe que, malgré l’évolution de la connaissance scientifique, l’éboulement continue de surprendre.

Dans la nuit du 24 au 25 novembre 1248, le plus grand éboulement connu en Europe fait un millier de victimes. Au Nord du massif de la Chartreuse, une partie de la face Nord du mont Granier, qui surplombe de 1700 m la ville de Chambéry, s’écroule sous son propre poids. 5 millions de m³ de roche calcaire s’affaissent alors sur un terrain marneux et saturé en eau à la suite de pluies abondantes. Sous le choc, 500 millions de m³ d’éboulis dévalent sur près de 10 km avant de mourir au niveau des Abîmes de Myans, région bien connue des amateurs de vins savoyards. D’autres éboulements de grande ampleur se sont produits ces dernières années. Au début des années 1990, 30 millions de m³ de roches se séparent du Grossgufer au-dessus de la vallée de Zermatt en Suisse. Depuis le début des années 2010, le Piz Cengalo, situé à la frontière entre la Suisse et l’Italie, est à l’origine d’effondrements réguliers, culminant en août 2017 avec un volume éboulé de 5 millions de m³ (équivalent à un cube d’environ 171 m

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