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L’hiver est là et les vacances sans remontées mécaniques seront le moment de vous lancer dans le ski de rando ou de retrouver vos fidèles fixations à inserts. Que vous soyez débutants ou confirmés, vous aurez certainement un appareil photo, petit ou gros, ou même un smartphone pour immortaliser votre escapade là-haut. Dans tous les cas, quelques notions de photo sont bonnes à rappeler pour assurer au maximum vos clichés et ramener de beaux souvenirs de votre randonnée. Petit mémo pour la photo à ski de rando.

1/ Même quand t’as pas envie, photographie (et varie) !

Quand on parle photo de ski, on voit le plus souvent la belle photo cliché de ce skieur spatules relevées qui éclabousse la pente de sa gerbe de neige. Ok, on verra après comment obtenir ce genre de photo.

Mais une sortie à ski de rando, c’est aussi plein d’autres moments ! Pourquoi ne pas les raconter ? Peut-être parce que la montée est moins fun que la descente, admettons. Peut-être aussi (surtout) parce que photographier ces moments inattendus implique de sortir l’appareil pendant un effort où l’on préfère se concentrer sur son rythme et sa foulée, ou encore pendant que l’on met soi-même ses peaux de phoque, ou quand on grignotte soi-même sa pâte de coing… Bref, quand on ferait bien autre chose que prendre des photos.

Pourtant, comme toujours, c’est lorsqu’on en a le moins envie ou le temps qu’il faut sortir l’appareil. C’est dans ces moments « d’interstice » que les photos les plus vraies traduisent autre chose qu’une simple valeur esthétique : effort, difficulté, détail trop souvent ignoré, expression du visage… Souvenez-vous que le meilleur appareil-photo, c’est celui que vous sortez du sac ! Alors tant pis s’il neige et que l’appareil mouille un peu, tant pis s’il faudra rattraper le groupe après avoir photographié.

 

Ils sont graphiques ces petits skieurs au pied de la crête des Périades. Mais pour les photographier ainsi, il faut être loin derrière. Et pour les photographier à nouveau, il faudra les rattraper, loin devant… ©Ulysse Lefebvre

 

Plus sérieusement, cela signifie que toutes ces photos de moments complémentaires enrichieront l’histoire que vous racontez : mise en place des peaux, pause casse-croute, observation de la pente, portrait, paysage… Ce sont autant d’instants de vérité qui donneront de la sincérité à votre récit photographique. Pensez aussi à varier les échelles, de près de loin…

S’il l’on va plus loin dans la notion de « reportage photographique », on considèrera ces éléments sont une forme de liant entre les moments plus forts de l’histoire (la descente et ses photos classiques notamment) et doit avoir sa place dans votre « trame narrative ». Mais ça, c’est un autre sujet passionnant.

Pour faire une bonne photo de montée, mieux vaut donc être devant ou de côté pour prendre le skieur de face ou de profil. Les photos de skieur de dos ne sont pas les plus intéressantes. Une photographie sera toujours meilleure si l’on distingue le visage du sujet. Règle valable aussi pour la photo de rue, le reportage, le spectacle etc… Il vous faudra donc aller plus vite que le skieur photographié et passer devant. Entraînement requis !

Maudit, Grand Capucin et Tacul : photo indispensable pour planter le décor. ©Ulysse Lefebvre

Yannick Graziani. Une « gueule » à ne pas rater et qui permet d’incarner l’histoire. ©Ulysse Lefebvre

C’est sûrement le moment de se préparer au rappel… mais aussi le bon moment pour montrer ce rappel.. et donc sortir l’appareil photo. ©Ulysse Lefebvre

Au col de Toule, coup d’oeil sur la decente en rappel. ©Ulysse Lefebvre

2/La trajectoire, ça se prépare !

Qui n’a pas ramené une superbes photo de skieur sans tête ou sans skis (ou pire sans jambes) ? A la différence des coureurs du Tour de France que vous pourrez photographier en anticipant facilement leur trajectoire et leur lieu de passage (les 4m de bande goudronnée juste devant vous), le skieur dispose d’un terrain de jeu plus vaste. Sa trajectoire doit donc être discutée avec lui avant son départ, pour que vous sachiez où faire votre mise au point et ou cadrer. Pour cela, essayez de comprendre les conditions de neige du secteur et de l’orienter vers la meilleure neige possible. Plus c’est skiable, plus il aura de facilités à passer où vous lui demandez. Et imaginez, visualisez où il faudra déclencher pour que le skieur soit le mieux placé dans le cadre, en fonction de l’endroit ou de l’arrière-plan.

Ensuite, descendez vous positionner en descendant à l’écart de cette trajectoire, histoire de ne pas détruire la neige vierge avec votre trace. Et oui, le plus souvent le photographe skie sur les bords pourris pour laisser le cœur de la meule au skieur photographié !

Positionné, à un endroit sûr en terme d’avalanche (rognon rocheux, arbre, crête…), assurez-vous de ne pas avoir de bâton gênant dans le champ quand vous tournerez l’appareil.
Affinez votre cadrage et faites la mise au point là où le skieur doit passer. Pour cela, utilisez la fameuse technique de la boule de neige ! Lancez une boule de neige là où vous voulez voir passer le skieur. Deux avantages : 1/le skieur en question visualisera mieux ou passer 2/vous aurez un repère pour votre mise au point

Levez le bras pour indiquer au skieur qu’il peut partir et cadrez large pour être sûr qu’il entre dans le champ (si c’est vraiment trop large, vous recadrerez en post-production).

utilisez la fameuse technique
de la boule de neige !

3/Vite et net !

Les plus à l’aise avec leur appareil photo auront un œil sur la valeur de vitesse d’obturation, soit en jouant sur l’ouverture (mode priorité à l’ouverture) soit direcement en mode priorité à la vitesse.

De manière simplifiée, imaginez un œil et sa paupière. La vitesse d’obturation va être la vitesse du clignement de la paupière. Si ce clignement est long, l’image « s’étire » et la photo peut-être floue. Si ce clignement est rapide, l’image est figée et la photo est nette.

Parce que la vitesse d’un skieur est très variable tout comme celle de votre éventuel mouvement de caméra pour accompagner le skieur en le photographiant, il est difficile de donner une vitesse valable en toutes situations, si ce n’est une valeur très élevée qui figera le plus rapide des skieurs. Avec une vitesse au 1/1500e voir au 1/3000e, vous assurez votre photo et avez une bonne marge pour que votre sujet soit bien net.

Photo prise au 1/4000e de seconde. Très rapide donc pour saisir le non moins rapide Pierre Hourticq. ©Ulysse Lefebvre

4/Pour assurer, de la rafale tu dois abuser !

Utilisez le mode rafale (la plus rapide possible) pour pouvoir prendre plusieurs photos à la suite (entre 5 et 10 images seconde le plus souvent). Oubliez le mythe de la photo unique et réussie au premier déclenchement : en photo de ski, la prise de vue multiple et rapide (rafale) est indispensable pour capter le bon moment, celui où le skieur aura la bonne position, le bâton bien placé, la gerbe de neige souhaitée et l’arrière plan qui va bien. Pour un seul passage de 4 ou 5 secondes, il n’est pas rare de sortir 20 photos pour mieux choisir ensuite.

N’hésitez pas à accompagner le skieur en le suivant avec l’appareil (travelling). Cela augmentera la netteté (vous apportez une vitesse supplémentaire à l’appareil) et permettra de ne rien rater entre l’enclenchement d’un virage et la sortie de courbe par exemple. Quoi de plus difficile à cadrer qu’un skieur qui passe à toute vitesse dans une fenêtre très courte ? En le suivant, vous augmenterez vos chances de l’avoir à bonne distance, avec la bonne gestuelle et le bon arrière-plan. N’oubliez pas de demander à votre modèle de vous dépasser et de continuer à skier en-dessous de vous, afin de ne pas couper un beau mouvement naturel qui surviendrait à votre niveau ou juste en dessous.

La photo choisie au milieu des 10 autres pour le cadre, la position du skieur et le mouvement de la gerbe de neige. En dessous, 6 autres rejetées. ©Ulysse Lefebvre

5/Lumière ou pas, débrouille toi !

Carte postale

Comment ça ? Et bien c’est très simple. Dans une situation idéale, il est 15h, le soleil irradie, le ciel est bleu et votre skieur brille de mille feux, puisque vous lui avez bien rappelé hier soir d’emmener sa veste de couleur et non sa vieille Gore Tex noire qui ferait de lui une simple poussière invisible sur une photo. Non, là, il est coloré et ressort parfaitement sur le fond immaculé de cette pente de poudreuse. Résultat : il suffira de penser à éviter le contre-jour et se placer au mieux pour éviter l’effet « ombre chinoise » (à moins que ce ne soit un parti-pris esthétique). Concrêtement, il suffit de regarder la trajectoire envisagée du skieur et de se placer dos au soleil (en évitant de créer une ombre soi-même) pour que le skieur prenne tout la lumière disponible.

Soleil déclinant

Autre situation : la fin de journée. Comme sur l’exemple ci-dessous, la rando s’est étirée et le jour décline. La lumière baisse dangereusement et il n’est plus possible d’obtenir une photo lumineuse. Dans ce cas, il s’agit de trouver une manière de capter le peu de lumière restante pour en faire un élément fort de l’image, malgré tout. Ici, le soleil très bas n’est plus très intense. Il est possible de le photographier de face tout en le filtrant un minimum avec un élément de décor (tiens, la Noire de Peuterey).

©Ulysse Lefebvre

Classique mais efficace

Dans le cas d’une photo avec le soleil de face (à contre-jour donc), l’un des effets classique est de fermer presqu’au maximum le diaphragme (valeur élevée telle que F9, F11 mais surtout f/16 ou f/22) afin d’obtenir une belle étoile et des rayons de soleil bien découpés. Attention, la vitesse d’obturation sera forcément ralentie, à moins de monter en sensibilité ISO. L’éternel équilibre du triangle d’exposition à conserver.

Le soleil en étoile, classique mais efficace. ©Ulysse Lefebvre

Brouillard

Qui dit brouillard dit forte luminosité, hé oui ! Même si le soleil n’est plus visible, le brouillard et la brume constituent des sources de lumière importantes. N’hésitez donc pas à jouer sur les contrastes et les ombres. Le noir et blanc s’y prête particulièrement bien et met encore plus en relief les jeux de lignes et de formes, surtout lorsque le brouillard permet d’isoler le sujet en « effaçant » l’arrière-plan. 

©Ulysse Lefebvre

Nuit

Très tendance, la photo de ski de nuit se développe avec les progrès des lampes frontales qui offrent un éclairage facile et de plus en plus puissant dans n’importe quelle situation. Sans rentrer dans le cas d’un shooting photo dédié à la photo de ski de nuit, les départs matinaux à la lueur des frontales peuvent être le moment d’une photo d’ambiance qui, même si elle ne montre pas beaucoup d’éléments, raconte quelque chose. La photo ci-dessous en est un exemple par l’extrême. 

Départ nocturne pour une longue journée de ski dans les Pyrénées andorannes. Les skieurs ne sont qu’un modeste halo de lumière dans la nuit. L’importante zone noire exprime le caractère imposant de la montagne. ©Ulysse Lefebvre

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