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Ce 28 mars 2022, les secouristes du PGHM de Chamonix ont vécu l’un de leurs secours les plus marquants et les plus risqués. Ils ont dû faire face à un risque de sur-accident, à la précarité d’une victime tombée dans une crevasse complexe et à une pression psychologique extrême. Sur l’itinéraire historique pour le mont Blanc, les secouristes du « PG » sont allés au bout de leurs compétences techniques, physiques et mentales. Peut-être même au-delà.

Grand soleil et conditions printanières voire estivales, ce lundi 28 mars 2022 ! Jonas, un skieur de randonnée suisse alémanique, et son camarade ont un peu tardé pour descendre la « voie classique » du Mont-Blanc : Grand Plateau, Petit Plateau…

Il est 15h enfin quand ils dépassent l’ilot rocheux des Grands Mulets, avant de suivre une trace bien marquée qui slalome dans un chaos de blocs écroulés et de crevasses : Verdun ! Un hiver peu enneigé combiné à une hausse brutale des températures ont rendu périlleuse cette traversée où les crevasses se mêlent à des blocs de granite et de petits séracs en équilibre instable. Il faudrait descendre plus bas, quitte à remettre les peaux. Mais non, la trace est bien là.

Inutile de s’encorder, pense t-il, dans ce dédale ; les crevasses sont trop larges et les ponts de neige trop longs ! Les alpinistes, prudemment, enfilent les crampons et mettent les skis sur le sac. Le premier, le plus lourd, passe en tête. Jonas hésite avant de suivre loin

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