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Michel Piola est une figure emblématique de l’alpinisme chamoniard. Ouvreur et équipeur prolifique de voies rocheuses, il doit lui aussi s’adapter aux effets du réchauffement climatique dans le Mont-Blanc. Rencontre avec l’un des témoins-clés du massif.

Tu as marqué l’alpinisme par le nombre de tes ouvertures (plus d’une centaine rien que dans le massif du Mont-Blanc). Comment envisages-tu leur rééquipement ?

La plupart du temps, comme lorsque je rééquipe à l’Aiguille du Midi, je suis seul sur mes cordes fixes. Heureusement, des amis bienveillants viennent souvent m’aider (merci à eux !), notamment pour toutes les voies où je dois grimper depuis le bas. Fréquemment, le rééquipement conduit aussi à une diminution du nombre de points fixes, comme par exemple sur la voie Mozart qu’on assassine aux Aiguilles Dorées, qui est passée de 26 goujons à 11 broches, car avec les nouveaux petits coinceurs mécaniques on arrive maintenant beaucoup mieux à se protéger dans ce type de terrain. Ces voies avaient été en effet ouvertes dans les années 1980-90 avec 5-6 « gros » friends seulement, plus un bon jeu de câblés. D’autres voies nécessitent plus d’efforts. Pour Marchand de sable à l’Envers des Aiguilles par exemple, les rééquipements successifs (4 au total !) m’ont pris beaucoup de temps, car je le fais de ma propre initiative et sans soutien. Les acteurs locaux, comme la Compagnie des Guides de Chamonix, ne s’occupent pas du tout de rééquipement dans ce secteur, alors que j’y suis passé déjà quatre fois en raison de

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