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C’est un titre en forme de question(s). Ultime ouverture en glace à la Grave, ou antépénultième ? La Tournée du patron, c’est une nouvelle cascade de glace défrichée par Benjamin Ribeyre et Jonathan Joly, joyau d’un secteur ratissé en ce mois de janvier écrasé par l’anticyclone. Ultime pied de nez au manque de glace, voici le déroulé en photos et vidéo de ce beau spot pile sous le télé de la Grave.

Un hiver parti sur les chapeaux de roues, devenu un hiver des années dix, une saleté d’anticyclone qui vient (enfin) de prendre fin en cette fin janvier. En attendant, les plus chanceux ont pu mettre les crampons en haute montagne, avec des cordées qui s’empilent sous l’effet des réseaux sociaux. Heureusement il reste les plus culottés, ceux qui préfèrent tenter l’aventure, soit l’ouverture de nouveaux itinéraires*. Alors en glace, a fortiori devant le nez de tous, on pensait qu’il n’y avait plus rien à ouvrir depuis… le passage des tornades Damilano, Perroux, Grobel et consort il y a plus de trente ans. Ce n’est pas l’avis de Benjamin Ribeyre, guide à la Grave, qui a déniché un nouveau secteur, pile sous le téléphérique de la Grave et depuis baptisé Anthropocène – un clin d’oeil à notre époque où la glace est parfois rare sauf…là.

 

Global warning

Après une première incursion de Manu Ibarra en 1992 pour la ligne la plus facile (et la plus cachée), en 2013 Benjamin ouvrait une ligne principalement en dry avec Cyril Dupeyré, C’est la mienne, M7/5+. Lundi 13 janvier 2020, Benjamin commence le ratissage du secteur par une belle ligne à gauche, Les ignorants (5+) encore avec Cyril Dupeyré (et également guide à la Grave). Mardi 14 janvier : il forme une double cordée avec Erin Smart, Nastassia Martin et Pierre-Louis Cret. Les quatre amis ouvrent une ligne nommée Global Warming… qui permet à Benjamin de se convaincre que ça peut passer tout droit, le long de cette évanescente ligne de glace. Enfin, il espère.

Jonathan Joly, L1. ©JC

Benjamin Ribeyre, L2. ©JC

Fight club. Benjamin Ribeyre, L2. ©JC

Mercredi 15 janvier. Benjamin a rameuté un nouveau compagnon de cordée, guide lui aussi, passionné de glace et …grand, ce qui s’avère très utile pour attraper les méduses de la première longueur. Instant de doute au départ pour les deux grimpeurs devant le chantier, et le caractère apparemment fort aléatoire de certains passages. Jonathan Joly attaque la première longueur, qui après un départ facile s’avère délicate, avec un plaquage et des méduses fort éloignées, face à un photographe perplexe devant la finesse (et la raideur) de l’édifice en général. La glace, une affaire de moral. Sans e.

Un 15 janvier, à la Grave. © Jocelyn Chavy

Benjamin Ribeyre, L2. © Jocelyn Chavy

Jonathan Joly plie la première longueur assez rapidement, et Benjamin va gérer en douceur la deuxième longueur : il place un premier spit, puis deux autres plus haut dans une section en verglas très délicate. C’est avec les bras carbonisés qu’il finit l’une de ses premières cascades de la saison, en remontant les choux-fleurs en dévers de la fin de la voie (récit et topo ici). Le tout devant mon objectif, pendant que je réalise une partie des images en usant de la benne de service** qui passe judicieusement au-dessus de la voie ! Résultat ? La tournée du patron fait deux longueurs, avec une troisième facultative, et un grade 6+ annoncé pour L2. La voie est aussitôt répétée par une cordée, celle d’Octave Garbolino et Jérémy Stagnetto.

Est-ce que cette série d’ouverture s’arrête là ? Que nenni. Le 16 janvier, Benjamin parcourait le Dièdre à Dédé (6+) en tirant au milieu des épées supendues à droite, avec Cyril Dupeyré et Delphine Germain, en plein dévers, sorte de version directe de Global Warming. Qui a dit qu’il n’y avait pas assez de glace ?

* En grand format, il y a eu la très belle ouverture aux Grands Charmoz d’un itinéraire majeur de 650 mètres, Le Grand Charme (ED, M6+, 6b) par Martin Elias, Bru Busom et Marc Toralles les 22 et 23 janvier.

** Remerciements au téléphérique de la Grave la Meije pour son aide.

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