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La rencontre

C’est facile de le dire après mais dès le matin, quelque chose dans l’air te le murmurait.
Cette journée serait différente.
Ça fait plusieurs étés que tu viens et les journées ici se ressemblent, c’est tant mieux, tu les attends un an. Des chaussures hautes, des lacets rouge fier, des marmottes qu’on entend et que l’on voit parfois, des lacs, des grands qui disent bonjour, des jumelles, des Babybel et du lait concentré sucré. C’est le territoire de ton enfance treize jours par an – les samedis, on roule – tu sais reconnaître le mont Blanc, pour la Verte, tu te trompes souvent.
Mais là, c’est autre chose. On s’est levé à la même heure, on dirait pourtant qu’il est plus tôt. On te dit d’aller mollo sur les tartines, les cousins ont trouvé que ça tanguait fort. Tu caches tes genoux Mercurochrome sous un pantalon qui gratte et qui n’a rien à faire dans ton été. Tu as ta banane K-Way, on ne sait jamais, tes lunettes rondes de soudeur qu’on dit de glacier et tu as pris, obligé, ce bonnet ridicule avec un élan dessus. Il te faudra mettre aujourd’hui beaucoup de crème solaire, les autres jours, c’était déjà trop, ça pique les yeux et tu sens la fille. Le bâton, ça ne sert à rien de le prendre, ça sert toujours un bâton.
Tu marches dans les rues, ça fait drôle, d’habitude c’est un sentier ; la ville se réveille autour, ça sent le pain au

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