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La fable du dossard

À chaque Pierra Menta, la chorégraphie s’installe.
Nous, les alpinistes, venons voir les skieurs-alpinistes qui s’agitent et nous pestons.
Il y a autant d’alpinisme dans la Pierra Menta que d’aventure dans Koh-Lanta !
L’image est encore à travailler mais vous avez compris l’idée, ces skieurs-alpinistes ne sont que d’indignes cousins. Leur truc ne vaut pas notre alpinisme à nous, le vrai, l’originel, le pur. Il est vrai que les skieurs de randonnée pressée auraient pu trouver une autre appellation. Depuis le temps qu’on leur suggère ski-athlétisme, nom parfaitement adapté à leur pratique et moins exposé aux railleries… Longés à trois mètres du sol et encordés à l’élastique, les coureurs donnent en effet le bâton (carbone) pour se faire battre avec leur alpinisme à la Canada Dry. Alors les alpinistes à vrais dangers se gaussent et dégainent à tout va. Si nous ne savons pas vraiment dire ce qu’est l’alpinisme, nous excellons pour dire ce qu’il n’est pas.
Notre offensive favorite est de brocarder cette odieuse compétition à laquelle se livrent les coureurs. Depuis nos hautes montagnes, il est de bon ton de ne pas nous y abaisser. On bâtit une sentence bien pensée pense-t-on avec égo, dossard et chronomètre dedans puis on se jette dans une tirade philosophique sur cette société assez concurrentielle comme ça pour ne pas avoir à polluer la montagne par cette obsession du classement. Et bing ! Dans ta pipette.
Car nous, les alpinistes, les vrais, les purs, les originels, on ne fait pas

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