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C’est l’histoire d’un double pari réussi. Celui d’une jeune grimpeuse qui en quelques mois est devenue la troisième femme au monde à réussir une voie cotée 9b et s’est qualifiée pour les prochains JO de Tokyo. Celui aussi d’un journaliste et vidéaste d’Alpine Mag, Jocelyn Chavy, qui suit Julia depuis plus de trois ans pour raconter en images sa magnifique progression. Au final, un film de 30 minutes à découvrir le 10 juin dans le cadre du Chamonix Film Festival.

Comment est né ce film baptisé « Julia » ?

Jocelyn Chavy : En mars 2017, je suis journaliste indépendant – pas encore aux manettes d’Alpine Mag avec Ulysse Lefebvre – et je photographie Julia Chanourdie au Toit de Sarre, dans le Val d’Aoste en Italie. Elle y réalise son premier 9a, Ground Zero, ce qui la classe déjà parmi les meilleures grimpeuses mondiales, à l’âge de 20 ans. Il faut noter que cette voie en énorme dévers faisait partie des 100 plus belles courses de Rébuffat dans le massif du Mont-Blanc, mais qu’il est devenu entre temps un laboratoire de voies extrêmes pour les grimpeurs. En avril 2018, Julia me rappelle car elle souhaite réaliser un nouveau 9a sur la falaise de Mollans-sur-Ouvèze dans la Drôme, et cette fois je sors la caméra. Aucun de nous deux ne savait où cela nous mènerait. Ce n’est pas comme un film d’expédition, avec un départ et un retour.

Julia Chanourdie, tournage dans Cabane au Canada, 8c+/9a, Rawyl. ©Jocelyn Chavy

Le film sera projeté le 10 juin à Chamonix

Julia Chanourdie dans Eagle-4, 9b. St-Léger du Ventoux, une des séquences majeures du film. ©Jocelyn Chavy

Eric Chanourdie, le père et entraîneur de Julia, est l’autre personnage-clé du film. ©Jocelyn Chavy

Plaisir et combat mental, les deux facettes de l’escalade sont explorées dans le film ©JC

En tant que réalisateur, comment travaille-t-on un tel sujet ?

Jocelyn Chavy : Jimmy Chin n’était pas disponible donc c’est moi qui me suis lancé (rires) ! Plus sérieusement, Julia et son père étaient confiants dans ma connaissance du milieu, de son histoire. Techniquement, j’avais déjà réalisé des films corporate pour des marques ou pour la FFCAM. Pour ce qui est de tourner en paroi, j’ai l’expérience de la photo. Le plus dur a été de filmer Julia sur un temps très long, en respectant son calendrier, les confinements (soupirs) et sans lui mettre la pression. Quand on s’entraîne dans une voie extrêmement difficile, on n’a pas forcément envie d’avoir une caméra près de soi, un micro accroché à ses vêtements… J’ai essayé d’être prévenant, jamais invasif. Ensuite, il y a eu un gros travail d’écriture avec Hugo Clouzeau, le monteur du film, pour raconter ces trois années avec des archives et des scènes importantes que je n’avais pas pu filmer mais que nous avons pu récupérer grâce aux images tournées au téléphone portable par l’entourage de Julia.

Un portaledge bien utile pour filmer en gros dévers – et avoir de la stabilité. ©J. Chavy

Comment Julia a-t-elle accueilli ton film ?

Jocelyn Chavy :  on appréhende forcément un peu de soumettre son travail au personnage central d’un documentaire. Mais heureusement Julia a beaucoup aimé le film, de même que son père. Je pense que tous deux étaient heureux de voir le résultat, et de voir que le film respectait leur histoire exceptionnelle, et enfin de mesurer le chemin parcouru ces dernières années, qui a vu Julia passer du statut d’outsider à celui de représentante de l’escalade dans le haut-niveau mondial. Ce film montre une jeune femme équilibrée, qui vit comme tout le monde tout en étant l’une des meilleures grimpeuses du monde.

Propos recueillis par Sophie Cuenot, coordinatrice du FODACIM (Fonds d’aide au cinéma de montagne) 

Voir  J U L I A  en salle ou en streaming, le 10 juin au Chamonix Film Festival.

Le teaser :

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