Je t’aime…

…beaucoup, un peu, à la prochaine.

L’avez-vous remarqué ?
Aux premières neiges, vient le temps de la remue chez les montagnards que nous sommes. Les troupeaux redescendent tandis que les hordes de skieurs remontent. Chassé-croisé peau de cuir peau de phoque, la montagne change de locataires.
C’est qu’il faut en être du wagon de tête. Retour des réflexes d’antan : Prem’s ! La montagne n’est-elle pas cet éternel jeu d’enfants ? Chamrousse, les Confins ou ailleurs, un premier samedi blanchi prend des allures de Fnac un jour d’Iphone 8. Pousse toi de là que je glisse. Delirium de la première neige. Les conversions du début se font sur piste damée, l’appel de la wilderness est trop fort, pas si méchant le gasoil. Qu’il est savoureux cet empressement automnal. Et bouillonnant d’impatience, sans doute la crainte d’un hiver toujours plus rabougri, toujours plus réchauffé. Ah si, méchant le gasoil. Qui n’aura pas sorti les skis à la mi-novembre sera tôt suspecté de paresse, d’indifférence ou pis, de désamour. Car c’est bien d’amour dont il s’agit.
Les premiers à dégainer de la spatule postent avec autant d’ardeur leurs photos et vidéos sur la toile pour rappeler au monde d’en bas son indolence et à eux-mêmes leur coup d’avance. Sur les images, on ne voit que cailloux, skis à l’épaule, semelles défigurées, de l’herbe et des virages épileptiques. En gros, c’est nul. Dans les commentaires, des étoiles plein les yeux, ordinairement cinq et des  « trop bon » en majuscule, rehaussés de

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