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Et si on parcourait les montagnes autrement qu’à la force des mollets ? Au début du XXe siècle, la chose est difficile à imaginer pour les guides de Chamonix. Et pourtant, en l’espace de 30 ans, ils vont voir les pentes s’équiper des premiers chemins de fer et téléphériques, d’abord perçus comme de dangereux concurrents mais finalement très vite adoptés. Et pour redescendre, quoi de mieux que ces fantastiques planches de bois importées de Scandinavie ? Vive le ski !

Les guides de Chamonix n’ont pas toujours été visionnaires. Dans les années 1890, quand des promoteurs approchent la mairie pour proposer la construction d’une voie ferrée jusqu’au Montenvers, comme les Suisses en ont déjà installés dans leurs massifs, c’est un non franc et massif. Chaque excursion à la Mer de Glace rapporte à l’époque 12 francs au guide muletier, une petite fortune à l’époque. Les porteurs de chaise à bras, qui gagnent une prime quand le client dépasse un certain poids, sont tout aussi scandalisés. Les élus soutiennent les opposants et font même signer un livret de protestations, dans lequel plusieurs guides s’inquiètent de la misère qui les guette et menacent de s’expatrier.

Les guides muletiers voient leur activité disparaître après la première guerre mondiale (collection Musée Alpin, Chamonix- Mont-Blanc)

Mais leurs inquiétudes ne sont pas entendues au-delà du Mont-Blanc, et en 1897, le conseil général de Haute-Savoie déclare le chemin de fer du Montenvers d’utilité publique. Difficile en effet de ralentir la progression fulgurante du rail. Dès 1901,

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