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Grimpe en Calanques. À y perdre le nord.

Il se chante que la misère serait moins pénible au soleil. L’escalade n’échappe pas au refrain. Quitter nos Alpes froides le temps d’un automne pour goûter à la douce vie des Calanques est une riche idée, dont l’un des charmes est de bousculer nos a priori sur les grimpeurs du Sud.

Il se dit que les grimpeurs du sud cèdent volontiers à l’exagération, la galéjade comme sport régional. FAUX. L’euphémisation est même leur marque de pratique. Prenons l’exemple du rocher légèrement patiné de leurs topos. En français du nord, on dirait totalement savonné. Travail de l’iode et popularité du site donnent à certaines longueurs calanquaises des allures d’épreuves Intervilles avec bruitage à la Tex Avery (on a les références télévisuelles qu’on mérite) et nez dans le calcaire. Pour un peu, c’est ce bon vieux Zitrone qu’on entend commenter nos doubles axels. Les grimpeurs locaux en font-ils pour autant des caisses (rapport au savon…Raymond Devos sors de cet espresso !) sur la difficulté de leur pratique ? Non. Loué soit leur sens de la mesure et brisée leur mauvaise réputation. À ce titre, on dit leur escalade modérément exposée, la mer comme ultime réceptacle en cas de chute. Observant le fracas des vagues sur le rocher, discutez-en avec votre cerveau reptilien. Il se peut qu’il vous dise sa préférence pour un retour au sol sur le plancher des vaches plutôt que sur celui des mérous.

On dit le grimpeur du sud intrépide. Jobastre qu’ils disent. Pour preuve, l’absence de casque dans

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