« L’escalade recrute dans des classes sociales globalement favorisées »

Analyse de l'essor des salles d'escalade privées

Chez Climbing District à Paris, l'escalade indoor est bien plus qu'un sport. ©Aurèle Brémond / ClimbingDistrict

L’escalade indoor est à la mode depuis une petite dizaine d’années, et le développement des salles d’escalade en milieu urbain semble en être la cause et la conséquence. Mais pourquoi y a-t-il un attrait si fort pour l’escalade en salle ? Et qui sont ces grimpeurs indoor ?

Dans les années 1980, l’escalade était un peu une pratique contre-culturelle », raconte Éric Boutroy, maître de conférences et chercheur en sociologie et management du sport à l’Université de Lyon 1. Ce phénomène fut suivi par le boom du bloc outdoor dans les années 1990-2000, restant cependant une pratique de niche. Mais un renversement de polarité s’est effectué et l’escalade est aujourd’hui « une pratique marchande comme une autre », d’après Éric Boutroy. Exit la pratique contre-culturelle, la dimension économique a fait irruption dans le monde de l’escalade et le consumérisme sportif y est « une tendance forte. » Comment en est-on arrivé là ?

Séance de bloc…

… et bien plus, chez Climbing District à Paris. © Aurèle Brémond / Climbing District

Les salles d’escalade sont dans l’air du temps
des tendances lourdes de consommation

Le marché des salles marchandes (Arkose, Climb’up, Climbing District, …) est en forte croissance et a transformé le modèle des salles. Pour le sociologue, cette croissance n’est pas une révolution, les salles d’escalade (des clubs FFME ou autres associations) existant depuis les années 1990. Seghir Lazri, sociologue du sport, est du même avis : « les salles d’escalade existaient avant, avec par

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