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Escalade : Manon Hily décroche la médaille de bronze en Coupe du Monde à Briançon

Manon Hily, Briançon 2023 ©JC

Huit jours seulement après l’étape de Chamonix, Briançon accueillait la coupe du monde d’escalade, dont les épreuves se déroulaient sur le mur flambant neuf de la ville, qui vibre pour l’escalade. Une ambiance de folie pour les grimpeuses puisque deux françaises, Camille Pouget et Manon Hily, ont d’abord réussi à se hisser en finale. Samedi soir, Manon Hily a réalisé une superbe performance en décrochant la troisième place, une médaille de bronze, sur une voie de finale absolument spectaculaire. Chez les hommes, de nombreux ténors étaient absents, en raison d’un calendrier trop chargé.

C‘est l’une des capitales mondiales de l’escalade : Briançon, qui chaque été organise le Mondial de l’escalade, une compétition étape de coupe du monde IFSC, la fédération internationale, sous la houlette de la FFME. Cette année la ville – et les grimpeurs – ont inauguré un mur flambant neuf, dans le parc des Sports : un mur de vitesse, à gauche, et un mur déversant de difficulté, à droite, abrité par un auvent. C’est sur ce mur que se sont déroulées les qualifications puis les demi-finales, avant la finale de samedi soir. Un rendez-vous que plusieurs ténors, chez les hommes comme les femmes, ont boudé, en raison d’un calendrier trop chargé.

Samedi, la foule était au rendez-vous dans une superbe ambiance pour encourager les 8 femmes et les 8 hommes – dont 7 japonais, un record – de la finale. Et ce, d’autant plus que deux françaises étaient en finale, la jeune Camille Pouget (20 ans), dont c’était la première finale en coupe du monde, et Manon Hily (29 ans). Dix ans après sa première compétition internationale senior, Manon Hily n’a pas raté son rendez-vous : elle a décroché la médaille de bronze, au terme d’une finale à suspense puisqu’assez ouverte, et disputée sur une voie remarquable, spectaculaire… à l’opposé de la voie hommes. Explications.

Le beau mur de Briançon tout neuf.

Sorato Anraku, seul grimpeur à topper la voie de finale hommes. ©JC

Nonoha Kume ne regarde pas le public mais le chrono, qui va lui être fatal. ©JC

Manon Hily en route vers le podium. ©JC

Trustée par les japonais, la finale hommes manquait sans doute de relief – seul un grimpeur scandinave troublait la délégation nippone – mais il faut dire que la voie était sans doute un peu terne, la majorité des grimpeurs se faisant éliminer tout en haut de la voie par une série de mouvements en traversée juste avant le relais. À ce jeu exigeant, c’est Sorato Anraku qui a été le seul à topper le sommet de la voie, remportant cette étape de coupe du monde haut la main.

La deuxième partie de soirée réservée aux grimpeuses a vu le public s’enflammer, à juste titre, non seulement pour les deux représentantes françaises mais pour un style de voie, spectaculaire et exigeante, qui a enthousiasmé tout le monde, permettant à toutes les grimpeuses – sauf une tombée en bas – de s’exprimer avec des styles parfois totalement différents. Une finale femmes exceptionnelle.

Manon Hily décroche une très belle médaille de bronze

Certaines ont choisi la souplesse, la ruse et la qualité indispensable pour tenir les prises dans ce genre de dévers, le gainage, pour gagner de la hauteur, à l’instar de Camille Pouget. Elle a fait vibrer le public en trouvant des positions de repos incroyables, tête en bas, qui laissaient penser qu’elle pourrait topper. Las, quelques mouvements plus haut elle chutait, victime d’une douleur au genou. Tous les espoirs français reposaient alors sur Manon Hily.

Forte de son expérience, la grimpeuse française a un peu hésité dans le bas de la voie avant de livrer une escalade impeccable, technique, donnant l’impression de maîtriser son sujet. Manon Hily a superbement grimpé, sans pour autant aller aussi haut que la puissante Vita Lukan, slovène, dont le style tout en force tranchait avec celui de Camille Pouget ou de la talentueuse japonaise Nonoha Kume, vaincue par le chronomètre. La tchèque Elisa Adamovska, dernière à passer, a grimpé dans un style impeccable, fluide et puissant, mais sans dépasser Vita Lukan. Et Manon Hily de décrocher une très belle médaille de bronze. 

Camille Pouget a fait vibrer le public ©JC

Clap de fin pour Eliska Adamovska, qui décroche la 2e place. ©JC

Un calendrier trop chargé ?

Seulement voilà, ce n’est pas diminuer le talent des athlètes qui se sont exprimés à Briançon que de dire que certains ténors de la grimpe n’avaient pas fait le déplacement en raison d’un calendrier chargé… et des qualifs Jeux Olympiques. En effet, Briançon, qui se déroule normalement plus tard dans l’été, arrivait seulement une semaine après Chamonix.

Deux étapes de Coupe du monde en une semaine ? Sans doute (un peu) exagéré. Mais surtout, du 1er au 12 août se déroulent les championnats du monde de Berne, en Suisse. Beaucoup d’athlètes, dont ceux qui se sont engagés sur Chamonix, ont pu faire l’impasse sur Briançon car ils veulent se réserver pour Berne. La raison ? Berne va être la première compétition qualificative pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, Berne dont les vainqueurs seront donc automatiquement qualifiés pour les JO. Une carotte suffisamment attrayante pour que nombre d’athlètes aient fait l’impasse sur Briançon, une compétition pourtant remarquable, et parfaitement organisée. Dommage.

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