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Pierre-Henry Frangne est alpiniste. Et aussi philosophe. Je m’y connais plus en matière d’alpinisme que de philosophie, mais quelqu’un qui peut expliquer des choses que nous, alpinistes, avons dans la tête sans jamais savoir le formuler correctement ou le structurer, doit être un grand philosophe. Et plus encore quand on peut lire son livre sans (trop) passer par la case « dictionnaire »… L’avantage, c’est que ça nous mène un peu plus loin que nos éternelles discussions de bistrot-retour de course. Un livre passionnant et indispensable. 

Tout l’art du professeur Frangne (oui, il est prof de philosophie de l’art et d’esthétique à l’université de Rennes et directeur de plein de choses encore, donc on peut être fiers de le compter parmi la valeureuse phalange des alpinistes) est de parler comme un alpiniste : il ne dédaigne pas notre sport favori, le récit d’ascension. Ça rapproche forcément. Et là, alors que vous communiez avec son évocation de la marche nocturne, du froid qui fait crisser les crampons dans la neige, du plaisir d’empoigner un beau rocher, de l’altitude qui fait l’air léger et la marche lourde, de l’ombre et de la lumière, de cette force bien plus solide qu’une corde qui nous lie à nos compagnons de cordée, il vous place une citation qui tue. Pile au bon endroit. On la lit, on la relit, on la dissèque. Et comme on ne la connaît pas, on va direct à la note en bas de page. Et là, on se retrouve

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