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L’idée est géniale et a séduit les autorités : transformer les refuges de montagne en centre d’accueil. La décision a été prise dans la nuit. Ne plus laisser les montagnards dans l’attente d’un hypothétique test de détection, mais les regrouper dans les centres alpins de la FFCAM dans un premier temps. Les centres alpins du Tour (vallée de Chamonix) et de la Bérarde (Oisans) sont actuellement fermés, mais des sources fédérales confirment que l’hypothèse est plus que sérieuse. Il s’agit de juguler la pandémie tout en évitant les débordements et les inévitables désagréments auxquels vont conduire le confinement : consommation d’anxiolytique et d’alcool, sentiment d’oppression, dépendance aux écrans et aux réseaux sociaux, prise de poids, et in fine, perte de deux chiffres en niveau d’escalade individuel.

Il s’agit de juguler les conséquences psychologiques de la pandémie.

Les autorités ont donc choisi : les premiers tests de confinement dans les centres alpins vont être réalisés. La FFCAM a précisé qu’il ne serait pas nécessaire d’être titulaire d’une carte d’adhérent annuelle pour participer à ce programme. Mieux, dans un geste altruiste, la FFCAM a proposé que les adhérents des autres fédérations, FFME en tête, puisse bénéficier de la salle hors-sac. En réponse, la FFME promet que ses adhérents essaieront de grimper une fois dans l’année en falaise.

Les rues de la Bérarde, où se trouve le centre alpin, parfaitement désertes à cette période. Un confinement idéal. ©J. Chavy

soulager les familles qui subissent la frustration des alpinistes.

La ministre des Sports a toutefois précisé que toutes les deux semaines les heureux confinés des centres alpins devraient redescendre en vallée, de manière à ce que d’autres puissent profiter des joies alpines et des vues superbes dont ils bénéficieront, et qui change sans doute des gris centre-villes. On ne saurait mieux imaginer le futur des mois prochains : l’obligation, sans doute par tirage au sort, de se rendre dans l’un des refuges d’accueil, pour soulager les familles qui subissent la frustration des alpinistes.

Nul doute que ce système sera élargi à des refuges isolés, loin des routes, comme le magnifique refuge Temple-Ecrins (en photo de une), uniquement pour ceux à qui le confinement ex-vitro* réussit. Car il faut pouvoir supporter l’éloignement d’un supermarché, la proximité de chaussettes mal ou pas lavées et pire, l’éventuelle absence de rab’ en cuisine. La fameuse voie normale du mont Blanc pourrait ainsi devenir une chaîne d’hôtels, avec plus ou moins de place à chaque étage, plus ou moins d’oxygène en haut, mais avec deux gardes en bas comme d’habitude, et à l’arrivée, une satisfaction : celle de rester confiné face au soleil couchant.

*en dehors des vitres, ndlr

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