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Le tourisme en montagne pourra-t-il se relever de la crise du Covid-19 ? Nous en avons discuté avec Armelle Solelhac, qui vient de publier une version approfondie de son ouvrage Management et marketing des stations de montagne, initialement paru en octobre 2019. Suite à la fermeture brutale des remontées mécaniques en mars 2020, son analyse s’est enrichie d’observations des conséquences de la crise sanitaire sur les stations de montagne. Elle propose une projection à 2035 sur l’avenir des stations et du tourisme de montagne. Son bilan est sans appel : le changement, c’est maintenant.

 

Dans votre livre vous dites que nous ne sommes pas « au point de départ d’une période de déstabilisation du tourisme de montagne, » mais plutôt au « point d’arrivée d’une période de vulnérabilité ». Qu’est ce que cela change ?

Armelle Solelhac : Quand on regarde aujourd’hui, la situation est très douloureuse, critique, pénible, etc. Mais j’adresse un message d’espoir. Ce que j’observe en France comme à l’étranger, c’est que les stations de montagne et les territoires de montagne ont déjà commencé à opérer leur transition, en commençant par les stations de basse altitude et moyenne altitude. Cette année a été très critique pour l’exploitation du ski alpin, mais les stations de montagne de basse et moyenne altitude ont plutôt mieux résisté que les stations de haute altitude, en particulier en matière de fréquentation. Une station comme Lans-en-Vercors (Isère) par exemple génère 60% de son chiffre d’affaires non pas sur l’exploitation des remontées mécaniques, mais sur toutes les activités hors ski alpin et snowboard. 

(…) Dans une interview de votre livre réalisée avant le deuxième confinement, Laurent Reynaud (Domaines Skiables de France) adresse un message aux décideurs politiques qui tient en trois mots : « Nous faire confiance ». On peut dire que c’est loupé ?

Armelle Solelhac : Complètement ! D’une manière générale, je pense que le gouvernement n’a pas su faire confiance dans l’ensemble des professionnels du tourisme. Il n’a pas su faire confiance non plus aux professionnels de l’éducation. Il en résulte quoi ? Une crise de confiance qui est monumentale. Or, il n’y a pas de business possible s’il n’y a pas de confiance. (…)

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